
Le ministre français des Affaires européennes, Benjamin Haddad, a affirmé que l’Union européenne (UE) ne peut permettre à d’autres parties de décider de l’avenir de la sécurité européenne. Photo : Euonews.
S’exprimant sur Euronews le 27 mai, Haddad a déclaré : « Les Européens doivent être prêts à établir leurs propres canaux diplomatiques avec Moscou », ajoutant que l’Europe doit participer activement à toutes les discussions relatives à la sécurité régionale, compte tenu de l’impasse dans les négociations avec la Russie facilitées par les États-Unis.
Toutefois, les responsables français ont également souligné que la « priorité absolue » reste actuellement le renforcement des capacités de soutien à l’Ukraine et la poursuite de la pression accrue sur la Russie par le biais de mesures diplomatiques et de sanctions.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient discuter de la possibilité de reprendre le contact direct avec la Russie après plus de quatre ans d’isolement diplomatique du Kremlin. (Photo : Euronews)
Les propos de Haddad interviennent alors que les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient discuter de la possibilité de reprendre un contact direct avec la Russie après plus de quatre années d’isolement diplomatique du Kremlin.
Auparavant, le président français Emmanuel Macron et la Première ministre italienne Giorgia Meloni avaient soutenu l’implication directe de l’Europe dans les dialogues avec la Russie, arguant que le maintien d’un canal de communication avec le président Vladimir Poutine pourrait apporter des avantages stratégiques à long terme à la sécurité européenne.
L’exclusion des pays européens de nombreuses sessions de négociations récentes menées sous l’égide des États-Unis a renforcé les inquiétudes quant au fait que l’avenir de la structure de sécurité du continent se décide sans que l’Europe elle-même ait pleinement voix au chapitre.
Cependant, la proposition de dialogue avec la Russie continue de provoquer de profondes divisions au sein de l’UE, notamment dans les pays d’Europe de l’Est et les pays baltes – des pays qui adoptent une position intransigeante à l’égard de Moscou.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a averti qu’un engagement direct de l’UE pourrait transformer le bloc en « médiateur neutre », exerçant ainsi une pression sur la Russie pour qu’elle allège les sanctions. De son côté, le président letton, Edgars Rinkēvičs, a suggéré que la Russie pourrait instrumentaliser les contacts diplomatiques à des fins de propagande et que l’UE n’obtiendrait finalement que des résultats peu concrets.
Les récentes déclarations de Paris laissent entendre que la France adopte une approche plus prudente sur la question russo-ukrainienne : maintenir une position ferme contre Moscou tout en se préparant à l’éventualité où l’Europe devrait assumer la responsabilité de façonner l’ordre sécuritaire post-conflit sur le continent.
Van Binh
Source : Euronews
Source : https://baothanhhoa.vn/phap-keu-goi-eu-chu-dong-doi-thoai-voi-nga-ve-an-ninh-chau-au-289142.htm