Pas toujours simple de comprendre la stratégie des studios hollywoodiens. Malgré la présence d’un réalisateur aussi coté que Guy Ritchie (Sherlock Holmes, The Gentlemen, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E, The Covenant) et de stars telles que Jake Gyllenhaal, Henry Cavill, Rosamund Pike ou Eiza Gonzalez, In the Grey prend la poussière depuis un an et demi en attendant d’éclairer les grands écrans.
Une mise au placard d’autant plus surprenante que l’intrigue ressemble à s’y méprendre à un nouvel opus de la saga Oceans’ 11 en version tueurs d’élite. Bien décidée à récupérer le milliard de dollars que lui doit un trafiquant sanguinaire réfugié sur une île complètement sous son joug, une femme d’affaires impitoyable (Rosamund Pike) engage la plus redoutable des négociatrices, Sophia (Eiza Gonzalez), protégée par une équipe de mercenaires emmenée par un as de la gâchette, Bronco (Jake Gyllenhaal), et un autre des explosifs, Sid (Henry Cavill). Leur force : le sabotage, le piratage informatique, les tueries de masse, des moyens illimités, tout ce qui est illégal et, surtout, la capacité de prévoir tous les coups de l’adversaire.
Critique du film « Mata » : entre sacrifices et espionnage, il offre un regard interne sur les défis des agents secrets français en missionUn film d’action efficace
Cette dernière caractéristique faisait déjà le charme des deux Sherlock Holmes mis en scène par le cinéaste britannique de 57 ans. Quant à la violence et l’action à tout crin, elles font partie de ses principes de base. Le tout saupoudré, comme d’habitude chez lui, d’une bonne dose de cynisme dans les dialogues et de machiavélisme dans la manipulation.
Rien de fondamentalement novateur, donc, mais la formule a déjà largement fait ses preuves. Après quelques séquences d’entraînement dignes de Rocky, les fusillades, les cascades et les explosions se succèdent à un rythme soutenu, au gré des coups fourrés, des détournements informatiques et des faux-semblants. Pas le temps de s’ennuyer une seconde, donc. Mais bien celui de se demander après la projection pourquoi un film d’action aussi divertissant et spectaculaire a traîné si longtemps dans les réserves des producteurs, même s’il n’est pas exempt de clichés hollywoodiens sur les gangsters, d’une incroyable incompétence quand ils ne sont pas Américains.
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