Qu’est ce qui rend le village de la Roche-Ballue (1) si particulier ? Est-ce ses maisons figées dans le temps, datant pour beaucoup du XVe siècle, parmi lesquelles cet étonnant manoir orné de vitraux et sculptures ? Ou en raison du calme absolu qui y règne ? Les deux, assurément. Et même plus. Déjà, ce hameau n’a que deux accès. Quand on vient ici en voiture, c’est soit parce qu’on y habite ; soit parce qu’on vient nous visiter, sourit Carmen, gérante d’une école de yoga avec son compagnon, et habitante depuis 1998.

photo le charmant village de la roche-ballue est le premier traversé lors de cette boucle.  ©  ouest-france

Le charmant village de la Roche-Ballue est le premier traversé lors de cette boucle. Ouest-France

Cet ancien port de pêche ne compte qu’une dizaine de rues et 80 boîtes aux lettres. Soit un total d’environ 200 habitants, qui ont la particularité d’être répartis dans deux communes – Bouguenais et La Montagne. Jacky est né ici il y a 86 ans. Il se souvient de l’époque où la carrière fonctionnait toujours (1) et où un petit train chargé de wagonnets traversait le village jusqu’à la Loire.

La Roche-Ballue a été successivement peuplée par des pêcheurs, des agriculteurs, puis des ouvriers, résume-t-il. Et aujourd’hui, par des bobos, demande-t-on, avec un brin de provocation ? On est un village d’irréductibles, sourit Graziella. Disons que ça se gentrifie, forcément, mais très, très gentiment. Bien moins que sa voisine, de Trentemoult en tout cas.

« À la fin des années 90, une vague de jeunes couples a retapé les ruines »

Le changement sociologique s’est opéré à la fin des années 90, retrace Carmen. C’est à ce moment-là que de nombreux jeunes parents ont acheté des ruines à retaper. Leur arrivée a été synonyme de rajeunissement. Les enfants ont, petit à petit, réintégré l’espace public. Gabin, adolescent, y vit depuis qu’il est bébé et affirme qu’il ne quitterait la Roche-Ballue pour rien au monde. L’autre particularité de notre village est qu’il est un peu enterré, ajoute Graziella. Nos maisons sont toutes orientées au nord donc dès qu’il fait beau, les habitants se retrouvent dehors. Dans la rue, sous les arbres des deux grands jardins partagés, ou à l’abribus, devenu objet artistique et espace de rencontre.

photo des maisons anciennes imbriquées les unes dans les autres, à travers une dizaine de rues.  ©  ouest-france

Des maisons anciennes imbriquées les unes dans les autres, à travers une dizaine de rues. Ouest-France

De cet esprit d’entraide est né l’événement des Chineries, dont la cinquième édition se déroule ce week-end. Sur notre groupe WhatsApp, on avait l’habitude de proposer des dons d’objets dont on ne se servait plus, retrace Cachou, l’une des chevilles ouvrières de l’événement. Petit à petit, l’idée est venue d’investir nos jardins et d’ouvrir au public. Une manière pour le grand public de faire des affaires mais, peut-être aussi surtout, de pouvoir toucher du doigt ce qui fait de ce village un lieu pas tout à fait comme les autres.

(1) Le village est situé à proximité du site de loisirs de la Roche-Ballue, qui a pris la place de l’ancienne carrière.

Dimanche 31 mai, 5e édition des Chineries, de 9 h à 18 h, au village de La Roche-Ballue, entre les communes de La Montagne et Bouguenais (mettre rue des Roseaux dans le GPS).