En 1826, Nicéphore Niépce invente la photographie. Pendant huit heures, sa caméra fige pour l’éternité le paysage du petit village de Saint-Loup-de-Varennes, en Bourgogne. Cette célèbre image en noir et blanc s’affiche deux cents ans plus tard, en grand format, au cœur du labyrinthe végétal du charmant village de La Gacilly (56). La 23e édition du festival photo, internationalement reconnu, célèbre les 200 ans de la photographie, une aventure française. « Nous nous devions de célébrer l’anniversaire d’un procédé qui a profondément imprégné nos modes de vie et nos consciences », explique Cyril Drouhet, commissaire des expositions.
Un hommage aux héritiers de Nicéphore Niépce
À partir du 1er juin, le festival, gratuit et en plein air, fait donc le choix « de rendre hommage à tous les héritiers de Nicéphore Niépce, celles et ceux qui, dans l’hexagone, portent haut les valeurs et l’émotion de cet art protéiforme ».
Après les photographies historiques de Niépce, en poursuivant leur cheminement sous les arbres, les spectateurs vont découvrir les magnifiques portraits saisis par Félix Nadar (1820-1910). On se retrouve ainsi devant Baudelaire ou encore Victor Hugo. Des images saisissantes et d’une incroyable qualité.
Le photographe des stars Jean-Marie Périer présente une série de portraits de stars internationales du showbiz des années 1960. (Photo Lionel Le Saux/Le Télégramme)
À La Gacilly, le festival n’hésite pas à faire le grand écart, en montrant la photographie dans toute sa diversité. L’exposition consacrée au travail de Jean-Marie Périer en est un parfait exemple. L’homme, qui a aujourd’hui 76 ans, présente une série de portraits de stars internationales du showbiz des années 1960 : Dutronc, Hallyday, Sheila, Mick Jagger… Des photographies en couleurs empreintes de liberté, de fraîcheur et d’enthousiasme, à l’image de ce photographe pétillant.
Le Breton Pierre Le Gall dans la lumière
La Gacilly expose, cette année encore, de grandes pointures de la photographie contemporaine. Une rétrospective du célèbre photographe brésilien Sebastiao Salgado, décédé il y a un an, est visible au « garage ». Raymond Depardon présente aussi une sélection inédite de photos en couleurs.
Cyril Drouhet a fait le choix de mettre un peu plus dans la lumière le photographe breton, Pierre Le Gall. Depuis les années 1970, l’homme balade son Leica et son regard sur les humains lors de pardons, fêtes et autres foires aux chevaux pour saisir des scènes souvent improbables, drôles et profondément touchantes. Une belle reconnaissance pour ce prof de philo à la retraite, installée à Saint-Jean-du-Doigt (29), qui s’inscrit dans la lignée de Cartier-Bresson et Doisneau, et qui a toujours revendiqué une pratique amateur.
Le photographe breton Pierre Le Gall aime poser son regard sur les pardons, fêtes et autres foires aux chevaux. (Photo Lionel Le Saux/Le Télégramme)
Les femmes ne sont pas oubliées pour cette 23e édition. Sophie Hatier, Jane Evelyn Atwood et Claudine Doury, par exemple, sont ainsi mises à l’honneur. Et le festival de La Gacilly reste fidèle à son ADN, en sensibilisant le public aux enjeux environnementaux. La star de la photographie animalière, Vincent Munier, présente des photos en lien avec son documentaire « Le chant des forêts », sorti l’hiver dernier. « Pour être capable d’apprécier la poésie du sauvage, l’enjeu est de retrouver une âme d’enfant et une faculté d’émerveillement », raconte-t-il.
Encore une fois, les 300 000 visiteurs attendus à La Gacilly risquent d’être émerveillés cet été.
Pratique
Festival photo de La Gacilly, du 1er juin au 4 octobre. Gratuit.