Il existe en France un mécanisme fiscal encore peu utilisé et qui peut pourtant réduire nettement le montant de votre impôt. Comme l’explique Capital ce mercredi 27 mai 2026, les personnes qui hébergent à titre gracieux leurs parents âgés ou leurs enfants majeurs peuvent profiter d’une déduction sur leurs revenus imposables sous certaines conditions.
Des conditions de ressource
Pour le fisc, accueillir gratuitement un proche dans le besoin peut être perçu comme une pension alimentaire en nature et ainsi ouvrir droit à la déduction fiscale. Mais pour en profiter, il faut répondre à certaines exigences. Elles concernent la situation financière, puisque les revenus du membre de la famille hébergé doivent être insuffisants pour garantir ses besoins essentiels. À cela, doit s’ajouter l’existence d’une obligation alimentaire pour les ascendants et descendants. Enfin, l’aide doit être proportionnée par rapport à ses propres revenus.
La déduction peut être calculée selon le forfait admis par l’administration lorsque l’hébergement et les repas sont fournis au domicile du contribuable. Mais il est aussi possible d’opter pour une déduction au réel, à condition de pouvoir justifier la valeur locative du logement ainsi que les charges assumées. Attention cependant, « l’administration n’acceptera pas de qualifier de pension alimentaire la mise à disposition d’une résidence secondaire très confortable sans rapport avec les besoins concrets des parents », précise Maître Benjamin Boulard, avocat à la Cour d’appel de Paris.
Une autre aide concernant les plus de 75 ans
Pour bénéficier de la déduction, la pension alimentaire en nature doit être renseignée dans la rubrique dédiée de la déclaration de revenus, via les cases 6GI à 6GU. Le contribuable doit conserver plusieurs justificatifs pendant trois ans : l’estimation de la valeur locative du bien, les preuves des charges payées, les documents attestant des faibles ressources du bénéficiaire ou encore une attestation signée de sa part. « Pensez à la déclaration symétrique : le parent ou l’enfant hébergé doit déclarer la pension reçue, faute de quoi votre déduction peut être remise en cause », prévient le juriste.
Au-delà des ascendants et descendants, accueillir d’autres proches de manière permanente peut également entraîner une déduction fiscale. Il peut par exemple s’agir des frères et sœurs, d’un oncle ou d’une tante et même d’une personne en dehors du cercle familiale. Dans ce cas, il est possible de déduire jusqu’à 4 075 € par personne accueillie. Là encore, l’aide est conditionnée à plusieurs critères : la personne hébergée doit être âgée de plus de 75 ans, ne pas percevoir de pension alimentaire et disposer de ressources modestes. Mais contrairement au premier dispositif, la personne accueillie n’a pas à déclarer cette aide sur sa propre déclaration de revenus.