Bretagne Ladies Tour, de ce vendredi à dimanche
À en croire certains décideurs, Pauline Ferrand-Prévot reste l’arbre qui cache la forêt. Moins d’un an après le sacre de la Champenoise sur les routes du Tour de France, les organisateurs du Bretagne Ladies Tour ont eu toutes les peines du monde à faire repartir leur épreuve internationale, annulée l’an passé faute d’argent. « Il y a trois ans, on avait contacté 35 villes bretonnes et on avait cinq étapes ; cette année, on en a sollicité 112 et on n’en a deux… », déplore Loïc Déniel. La raison ? « La seule chose qui les intéressait était de savoir si Pauline serait au départ. Quand on leur répondait que non, ça ne les intéressait plus », ajoute, un brin agacé l’organisateur d’une course remportée par Anna van der Breggen (2012), Elisa Longo Borghini (2014) ou la championne olympique 2024 Grace Brown et là où toutes les meilleures Bretonnes ont fait leurs armes.
« Le Tour de France est une belle vitrine mais… »
« Evidemment, le Tour de France est une belle vitrine mais pour les courses d’un niveau inférieur, c’est toujours plus compliqué de passer derrière. Moi aussi, j’adore Pauline Ferrand-Prévot mais, désolé, le vélo féminin ne tourne pas d’autour d’elle. On ressent beaucoup d’engouement, beaucoup de soutien autour du sport féminin et du cyclisme féminin en particulier mais dès qu’il s’agit de s’engager financièrement, il y a moins de monde. En Ille-et-Vilaine et en Côtes-d’Armor, on n’a rien trouvé… », soupire encore, irrité par « des promesses non tenues des villes et des partenaires » ici et là. Celle des Boucles de la Mayenne (une première dans l’histoire de l’épreuve lancée en 1987) l’est. « Leurs organisateurs souhaitaient créer une course féminine ; quand ils ont vu que nos dates respectives coïncidaient au calendrier, ils nous ont proposé ce partenariat », explique Loïc Déniel, rassuré par cette relance.
Au sortir du Finistère et d’un (long) contre-la-montre à Plomodiern, la 32e édition du Bretagne Ladies Tour s’achèvera donc à Cossé-le-Vivien (à 20 kilomètres de Laval) et empruntera la quasi-totalité du parcours de la dernière étape masculine des Boucles de la Mayenne (dont l’arrivée sera jugée une grosse heure auparavant). Pour raisons budgétaires, le « BLT 2026 » a sensiblement réduit son parcours (il s’est longtemps décliné en cinq étapes) et sa participation puisque 18 formations (contre 20 en 2024) dont onze étrangères s’aligneront au départ de Ploemeur (à destination de Plouay).
Cofidis en tête de liste ?
Moins d’équipes en lice, une seule référencée en WorldTour (la Belge AG Insuranc avec l’Italienne Letizia Borghesi, 2e de Paris-Roubaix en 2025, et sa recrue bretillienne Amandine Fouquenet) mais cinq ProTeam dont Cofidis qui ne fait pas mystère de ses ambitions. « L’objectif, c’est de jouer le classement général. On n’a pas beaucoup gagné cette saison, on espère concrétiser », confirme Mélanie Briot, sa directrice sportive, qui pourra notamment s’appuyer sur Emma Comte (lauréate d’étape sur la Pointe du Raz Ladies Classic et vainqueure des Boucles Guégonnaises en 2024) et sur Marion Borras. La nouvelle formation Ma Petite Entreprise, qui vient de décrocher le premier succès de son histoire, nourrira également de l’ambition avec Océane Mahé, Célia Le Mouël ou encore Noémie Abgrall. Ce ne seront pas les seules vouloir faire oublier « PFP ».