Publié le
29 mai 2026 à 7h16
Nouveau bras de fer entre la direction Keolis et les représentants de ses chauffeurs de bus. Au cœur du débat, encore une fois, la sécurité. Tout est parti d’un contrôle surprise effectué le 30 avril 2026 par la commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) au dépôt de Montesson (Yvelines) de la société de transport.
Les membres du personnel présents au sein de cette commission, obligatoire au sein du comité social et économique (CSE) dans les entreprises d’au moins 300 salariés et dans les établissements présentant certains risques particuliers, quel que soit leur effectif, auraient à cette occasion, relevé plusieurs éléments touchant à la sécurité.
« La moitié du parc n’est pas sortie »
« Les chauffeurs roulent avec des vieux bus usés qui ont en moyenne entre 8 et 12 ans de parc avec des gros problèmes », explique un représentant du CSSCT souhaitant conserver l’anonymat.
« Avec le contrôle que nous avons effectué, on était vraiment étonnés du résultat. Car, on s’est retrouvé avec la moitié du parc de bus qui n’est pas sorti parce qu’il y avait des éléments de sécurité manquants, dont l’absence des extincteurs. Certains présentaient aussi des problèmes de portes. Elles ne se fermaient pas. »
Représentant du CSSCT
Les représentants de la commission ont fait part de leurs constatations à l’inspection du travail.
Le volet sécurité déjà mis en avant lors de la grève de février
En février dernier, le service des bus Keolis avait été très perturbé par une grève de la quasi-totalité des chauffeurs du dépôt de Montesson. Déjà, les revendications des chauffeurs portaient principalement sur l’état du matériel mis à leur disposition et sur la dégradation de leurs conditions de travail.
« Le parc de bus est vieillissant et il y a des problèmes de sécurité [sur les véhicules] », expliquait l’un des chauffeurs grévistes.
Cette nouvelle mise en avant de l’état du matériel mis à la disposition des chauffeurs s’inscrit dans un contexte où un plan de 20 millions d’euros a été annoncé en mars dernier par Île-de-France Mobilités.
Un plan visant à améliorer le service de ce réseau marqué par des « problèmes de régularité récurrents » – de l’aveu même de l’opérateur – grâce auquel Keolis devait être doté, dès mars 2026, de 14 bus neufs (5 électriques, 9 au biocarburant). Mais voilà, ces bus neufs se feraient toujours attendre.

Lors de cette visite surprise au dépôt de Montesson (Yvelines) de Keolis, la commission aurait relevé des absences d’extincteur dans des bus. ©Photo transmise à 78actu« Les promesses qui avaient été faites, n’ont pas été tenues »
Rappelons que Keolis assure l’exploitation des réseaux de bus, entre autres, au sein de la Communauté d’agglomération Saint-Germain boucles de Seine (Casgbs) dans le cadre d’une délégation de service public pour le compte d’Île-de-France Mobilités.
« Les promesses qui avaient été faites, n’ont pas été tenues », martèle le représentant de la commission santé, sécurité et conditions de travail.
Un renouvellement des bus pas avant la fin de l’année
De son côté, Keolis précise que le parc de Montesson devrait bien être renouvelé, mais pas avant la fin de l’année.
« Il sera renouvelé à hauteur de 50 % avec l’arrivée prévue de 32 véhicules bio-GNV (Biogaz / biométhane carburant) financés par Île-de-France Mobilité », précise Keolis.
« Le personnel de maintenance du site est très expérimenté et continue à assurer le service dans l’attente de ce renouvellement du matériel. Des procédures très strictes de maintenance préventive sont appliquées sur le matériel roulant restant opérationnel. »
Keolis

Les bus du dépôt de Montesson (Yvelines) de Keolis, auraient en moyenne entre 8 et 12 ans de parc avec des gros problèmes, selon un membre de la commission. ©Photo transmise à 78actu« Chaque anomalie signalée fait l’objet d’un traitement »
Quant aux éléments touchant à la sécurité des bus, relevés lors du contrôle surprise effectué le 30 avril dernier par la CSSCT, la société ajoute que « toutes les anomalies sont normalement signalées ».
« C’est dépendant du personnel qui fait le tour de son véhicule avant de prendre son service, ajoute Keolis. Chaque anomalie signalée fait l’objet d’un traitement. Et ce personnel de maintenance ne ferait pas rouler un bus qui, par exemple, aurait des portes qui ne ferment pas. »
Certaines villes de l’Agglo annoncent un mouvement social pour expliquer les conséquences de la visite
Mauvaise communication ou mauvaise interprétation. Pour expliquer l’absence de la moitié des bus sur le réseau – le 30 avril dernier jour de la visite surprise de la CSSCT – certaines villes de la Communauté d’agglomération Saint-Germain boucles de Seine (Casgbs) ont indiqué qu’elle était consécutive à un mouvement social des chauffeurs.
« Un mouvement social inopiné au dépôt de Montesson – La Boucle a fortement perturbé le réseau de bus ce jeudi 30 avril, avec plus de 50 % des véhicules immobilisés, pouvait-on, par exemple, lire sur la page Facebook de Montesson. Le service a pu reprendre progressivement à partir de 14h. »
Même chose sur l’Instagram de Houilles : « Keolis nous informe qu’un mouvement de blocage est en cours au centre opérationnel de bus de Montesson – La Boucle, impactant fortement le réseau. Environ 60 % des services sont actuellement assurés. Nous invitons les usagers à anticiper leurs déplacements. »
Interrogée la société Keolis, confirme avoir effectué une communication auprès des villes de l’Agglo. Mais, elle assure l’avoir fait sur « un contrôle « bus » surprise de membres CSSCT, qui a perturbé le service jusqu’à 13h », et non sur un quelconque « mouvement social. »
Légalement, une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) peut participer à l’analyse des risques, aux enquêtes et aux inspections sur le terrain, avec observation des situations de travail réelles et échanger avec les salariés. Dans le respect de certaines modalités, ces inspections peuvent bien être organisées de façon inopinée, donc sans préavis.
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