Le 9 septembre 1456, la météorite Coloptera quitte son orbite pour venir s’écraser dans le golfe de Biscaye, raconte Michel Vrancks, l’auteur de cette histoire improbable. Des éclats touchent les côtes de Bretagne et La Roche-Bernard. Ces fragments dégagent des gaz polypeptides au contact desquels les habitants subissent d’importantes transformations génétiques qui, au fil des générations, cèdent la place à un nouveau genre humain de taille réduite : les Bihans.
Ainsi commence la rencontre avec les cinq nouveaux Bihans rochois. Les plus célèbres personnages loufoques sont repris dans un livret, qui vient d’être publié. L’auteur les présente. Tout d’abord, un hommage à Youenn Maer (1934-2019), installé sur le haut du parvis de la mairie. Élevé dans le culte de la grandeur national, normalien diplômé de l’École normale supérieure (il étudia par correspondance), il fut sous-secrétaire adjoint. Politiquement investi dans la défense de Bihans, il fut membre actif de l’Association des personnes de petite taille (APPT)…

An daou marmouz 1886 (les deux magots 1884) fait partie des cinq nouveaux Bihans. Celui-ci est installé au-dessus de la porte d’entrée du restaurant Les Deux magots, à La Roche-Bernard (Morbihan). Ouest-France
Un artiste multiple
La cocasserie est au rendez-vous de cette présentation. L’auteur est inspiré par le restaurant Les Deux Magots : « An daou marmouz 1886, descendants de Topor. Ces deux singes devenus Bihans inculquèrent leur savoir culinaire à différents chefs cuisiniers et pâtissiers. Ils imposèrent l’umami dans différentes recettes bretonnes de leur invention. L’umami, ’’goût délicieux’’en japonais est la cinquième saveur fondamentale alliant sucré, acide, salé et amer. »

Youenn Maer salue les visiteurs passant devant la mairie de La Roche-Bernard (Morbihan). Ouest-France
L’expérience d’un voyage en compagnie des Bihans est devenue incontournable dans la petite cité de caractère. L’initiateur de cette balade burlesque, est aussi dessinateur de presse, caricaturiste belge à la mine de crayon ravageuse, connu sous le nom de Franx (il a obtenu le 1er prix à Cartoonale Brugge en 2015). Il collabore à différents hebdomadaires. En 1991, il s’adonne à la sculpture et mêle humour noir et fantasme à ses œuvres. La caricature s’inscrit dans ses personnages. En 2013, il commence à installer ses Bihans sur les façades des maisons des vieux quartiers de La Roche-Bernard. Une véritable galerie à ciel ouvert.
Mais l’antre des Bihans est situé 9, passage de la Quenelle, dans la Galerie du Loup. Ses personnages de cire et d’argile ouvrent la fenêtre de l’imaginaire. « Mes personnages naissent de la terre, se transforment sous mes doigts et durcissent par le feu. C’est la magie de la céramique au raku », indique Michel Vrancks. Le livret Les Bihans des origines à nos jours est à vendre 2 € à l’office du tourisme et à la Galerie du Loup.