Le lancement a eu lieu tôt dans la matinée, le 19 mai à 5 h 52 heure de Paris (00 h 52 heure locale) depuis le Centre spatial guyanais, à bord d’une Vega-C. Pour la première fois, le vol était opéré uniquement par les équipes d’Avio, suite à la cession de l’activité par Arianespace (qui doit encore opérer un dernier vol). Pour autant, Avio n’a pas eu droit à un vol de routine. Au contraire, la mission était assez inédite car c’est la première fois qu’un lanceur européen embarque un satellite dont la plateforme est chinoise. La mission Smile (Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer) va scruter aux rayons X l’interaction entre le vent solaire et le champ magnétique terrestre. Avec elle, la collaboration entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Chine (via l’Académie chinoise des sciences – CAS) franchit un nouveau pas. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour la fluidifier.

300 personnes impliquées en Europe, 300 autres en Chine, auxquelles il faut ajouter les équipes scientifiques. C’est la première fois qu’une collaboration sino-européenne réunit autant de monde. La mission est un véritable test de terrain de l’intégration mutuelle des équipes en Europe et en Chine, en pleine période de défiance avec les États-Unis, et où il faut regarder ailleurs face au soutien de la Chine auprès des dictatures (Iran, Corée du Nord) mais aussi auprès de la Russie, pourtant vu comme un ennemi par l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine. La mission Smile a survécu à tous ces tournants géopolitiques. La fin de temps de paix semble toutefois avoir conduit l’ESA à communiquer au minimum sur cette mission. C’est aussi parce qu’en coulisse, Smile a coûté très cher en logistique et en sécurité à l’Agence.