L’Union européenne (UE) a déclaré que des mesures plus décisives étaient nécessaires pour rééquilibrer ses relations commerciales avec la Chine.

Cette déclaration a été publiée à la suite d’une réunion de la Commission européenne (CE) le 29 mai à Bruxelles, visant à trouver des moyens de protéger les industries clés de la concurrence de la deuxième économie mondiale.

Lors de cette réunion, les commissaires européens ont discuté des mesures que l’UE devrait prendre pour protéger les entreprises régionales de la concurrence déloyale de leurs rivaux chinois.

Cette réunion a servi de prélude à de nouveaux dialogues sur le déséquilibre commercial lors du sommet du Groupe des Sept (G7), prévu du 15 au 17 juin en France, et du sommet de l’UE à Bruxelles les 18 et 19 juin.

Selon le correspondant de l’agence de presse vietnamienne en Europe, avant la réunion de la Commission européenne, le vice-président européen et commissaire à l’industrie, Stéphane Séjourne, a averti que les mesures actuelles de l’Europe sont « trop restrictives et trop lentes ». Si Bruxelles ne parvient pas à protéger l’industrie, l’Europe risque de « se scinder à nouveau en États indépendants ».

La principale préoccupation de l’UE actuellement est l’afflux croissant de produits chinois bon marché sur le marché européen. Après avoir longtemps été fournisseur des entreprises européennes, la Chine concurrence désormais directement de nombreux secteurs industriels clés de l’UE.

De nombreux secteurs manufacturiers chinois affichent une production largement supérieure à la demande intérieure et se sont développés sur les marchés étrangers, notamment en Europe.

M. Sejourne a indiqué que les secteurs les plus gravement menacés sont la chimie, la construction mécanique, la métallurgie, les composants automobiles et les technologies propres, comme les éoliennes et les pompes à chaleur. Certains secteurs sont même confrontés à des défis existentiels.

Le déficit commercial de l’UE avec la Chine s’élève actuellement à environ 360 milliards d’euros par an, soit près d’un milliard d’euros par jour, et pourrait atteindre 500 milliards d’euros par an s’il n’est pas corrigé à temps.

La Banque centrale européenne (BCE) a également averti que 29 millions d’emplois en Europe pourraient être affectés par la forte hausse des exportations chinoises.

Parmi les pays de l’UE, la France, l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne ont déjà proposé d’imposer des droits de douane sectoriels sur les importations chinoises. L’Allemagne soutient également cet appel à une action renforcée au niveau de l’UE.

Toutefois, Sejourne a insisté sur le fait que l’Europe ne souhaite pas reproduire la stratégie de droits de douane massifs et de tensions commerciales adoptée par les États-Unis, la Turquie ou le Canada. L’UE entend tracer sa propre voie pour contraindre la Chine à négocier sérieusement et à rééquilibrer les échanges commerciaux, plutôt que de rompre les relations diplomatiques.

La Commission européenne devrait proposer quatre grandes orientations : les entreprises des secteurs stratégiques doivent diversifier leurs chaînes d’approvisionnement ; l’UE devrait accélérer et étendre l’application des instruments de défense commerciale existants ; la Commission européenne devrait mettre en place des mécanismes de protection à l’échelle de l’industrie, au lieu d’enquêter uniquement sur des produits ou des entreprises individuels ; et l’UE devrait renforcer le règlement sur les subventions étrangères (RSE).

Le 18 juin, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait solliciter l’autorisation politique du Conseil européen pour déployer de nouveaux outils. Cette évolution indique que l’UE délaisse une approche défensive au cas par cas au profit d’une stratégie de défense industrielle plus systématique face aux pressions chinoises.

Source : https://www.vietnamplus.vn/eu-siet-phong-ve-thuong-mai-truc-suc-ep-hang-nhap-khau-tu-trung-quoc-post1113499.vnp