Raté ! Pour s’éviter de nouvelles contrariétés, de possibles polémiques et un probable casse-tête, supporters et dirigeants olympiens croisaient les doigts pour que leur rival historique, l’AS Saint-Étienne, expédie en Ligue 2 un encombrant voisin, l’OGC Nice. Ainsi, le dossier Grégory Lorenzi, fraîchement officialisé directeur sportif de l’OM, aurait été refermé… Pour rappel, le dirigeant corse aurait signé un pré-contrat avec les Aiglons avant de se raviser et rejoindre Marseille. Un document qu’aurait aimé faire valoir le Gym… sauf en cas de relégation en Ligue 2, ce dernier devenant caduc.

Ce vendredi soir, à l’issue de la manche retour du barrage Ligue1-Ligue2, le terrain a rendu son verdict. Nice n’a pas tremblé face aux Verts (4-1), notamment grâce à l’ex-Olympien Elye Wahi, auteur d’un doublé, et conserve sa place au sein de l’élite française. Après avoir enregistré la bonne nouvelle, Jean-Pierre Rivère, le président azuréen, a tenu à prendre la parole sur le sujet chaud du moment.

« C’est la première fois que ça m’arrive, je vais reprendre ma parole… »

« J’avais dit que je m’exprimerais après ce match (de barrage contre Saint-Étienne). On a négocié avec Grégory (Lorenzi) pendant de longues semaines pour qu’il vienne à l’OGC Nice. Il y avait Marseille dans la course, et j’étais là-bas le jour du match (1-1, le 26 avril), à l’hôtel, et on avait convenu que le lundi matin, au plus tard, on prendrait une décision. Il m’a appelé le dimanche après-midi pour me dire : ‘J’ai pris ma décision. J’ai fait une réunion de famille, aux quarante-cinq ans de mariage de mes parents. Je viens chez vous.’ Je lui ai dit que j’étais très heureux, je lui ai demandé s’il était sûr de sa réflexion parce que je peux comprendre que l’OM ait une dimension différente de la nôtre. Il m’a répondu : ‘Je n’ai qu’une parole, je viens chez vous' », a-t-il rembobiné en préambule.

Celui qui s’est récemment engagé en politique aux côtés d’Eric Ciotti (UDR), élu maire de Nice, est alors revenu sur le revirement de Grégory Lorenzi. « J’avais prévenu Florian Maurice, avec lequel on était en harmonie. On a mis une semaine avant de signer un contrat. Avec une clause, qui disait que si on tombait en Ligue 2, il avait la possibilité de se désister. Quinze jours après (environ), il me rappelle pour demander à me voir, a-t-il raconté. Je lisais la presse et j’ai compris que Marseille était revenu sur le sujet. Il vient me voir à mon bureau et me dit : ‘Voilà président, je suis navré, c’est la première fois que ça m’arrive, mais je vais reprendre ma parole, et je choisis Marseille.' »

Et d’ajouter : « Pour nous, ce n’était pas neutre. Je lui ai dit que j’allais le rappeler. Je devais le faire plus tôt mais je ne l’ai pas fait parce que je considère que Marseille s’exonère du contrat qu’on a signé avec lui. J’ai dit à Greg que je comprenais, qu’il a eu la pression de l’OM. Marseille sait très bien qu’on a un contrat avec lui. Malgré ça, ils ont annoncé partout que Greg Lorenzi serait leur directeur sportif.« 

« On ne cherchera pas à la retenir »

Concernant la suite des événements et les possibles actions intentées par son club : « On ne cherchera pas à le retenir avec nous. Mais l’OM sait que nous avons un contrat signé, et il faut que l’on puisse discuter. Parce que ce ne sont pas des pratiques qui se font. Je pensais très honnêtement que Marseille discutait avec lui dans le cas où nous serions en Ligue 2. Je crois qu’ils lui ont signé son contrat. On discutera avec Marseille. Il démissionne mais il y a un préavis. Et puis pour nous, il y a une incidence financière qui n’est pas neutre. L’autre club aurait pu prendre des précautions et nous appeler pour vérifier si on avait un contrat. »