Publié le
28 mai 2026 à 18h41
Mercredi 27 mai 2026, trois associations de défense de l’environnement ont demandé à la juge des référés du tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine), de suspendre quatre arrêtés préfectoraux.
Ils accordent de nouvelles dérogations aux agriculteurs d’Ille-et-Vilaine, du Finistère, du Morbihan et des Côtes-d’Armor, pour procéder à la destruction de 7 300 choucas des tours.
La juge des référés du tribunal administratif de Rennes a indiqué qu’elle rendrait sa décision sous 8 à 10 jours.
Le choucas des tours est une espèce protégée, mais accusée de provoquer d’importants dégâts sur les cultures agricoles.
Des arrêtés déjà suspendus en 2025
Pour rappel, les associations « Bretagne Vivante – SEPNB », « One Voice » et la « Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) » avaient réussi à faire suspendre 3 des 4 arrêtés similaires pris en Bretagne en mai 2025.
Ces associations avaient calculé que 35,7 % de la population de choucas du Finistère avaient été tués depuis 4 ans ; 36,7 % dans le Morbihan et 65,5 % dans les Côtes-d’Armor.
Seul l’arrêté pris par le préfet d’Ille-et-Vilaine avait alors échappé à la censure.
« Aucune solution efficace depuis 2021 » pour l’État
Les tirs d’effarouchement ne sont en fait autorisés, à titre de dérogation, que s’ils ne nuisent pas au maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable, et si aucune solution alternative satisfaisante n’existe.
Or « aucune des solutions testées depuis 2021 n’apparaissait alors efficace », en mai 2025, aux yeux des services de l’État, « pour faire face à ces attaques massives ».
Sans compter sur « les fortes capacités de dispersion et d’adaptation de l’espèce, lors des effarouchements », avait ajouté, à l’époque, la juge des référés du tribunal administratif de Rennes.
7 300 choucas concernés dont 5 000 dans les Côtes-d’Armor
Les 4 préfets bretons ont pris de nouveaux arrêtés similaires, en avril et mai 2026, pour autoriser cette année la destruction de 7 300 oiseaux au total.
500 choucas des tours en Ille-et-Vilaine, 800 dans le Finistère, 1 000 dans le Morbihan et 5 000 dans les Côtes-d’Armor.
Les trois mêmes associations ont donc saisi de nouveau le tribunal administratif pour obtenir la suspension en urgence de ces arrêtés.
Il n’y a en effet aucun élément sensiblement nouveau par rapport à l’année dernière. La seule étude qui sert actuellement de référence pour la lutte contre les choucas des tours en Bretagne date précisément de 2022, celles des chercheurs de l’université de Rennes.
L’avocat des associations
« Discours de vérité scientifique »
L’avocat des associations insiste : « Il existe une pluralité de solutions qui, cumulées, sont aussi efficaces que les tirs. Ces arrêtés préfectoraux se font le relais du milieu agricole et non du discours de vérité scientifique ».
Il a dans ces conditions demandé à la juge des référés de suspendre ces arrêtés, « faute de quoi la crédibilité même du régime de dérogation aux espèces protégées se trouverait battue en brèche ».
« La détresse des agriculteurs »
Les représentants des préfectures d’Ille-et-Vilaine, des Côtes-d’Armor et des chambres d’agriculture du Finistère et des Côtes-d’Armor ont souligné, de leur côté, « la détresse des agriculteurs face aux dégâts causés ».
On se rend compte que lorsqu’il y a des tirs sur une parcelle, c’est rare que les choucas y reviennent. Aucune étude ne dit que la population est menacée ou en régression, c’est même plutôt le contraire.
Un élu à la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor
La juge des référés du tribunal administratif de Rennes a indiqué qu’elle rendrait sa décision sous 8 à 10 jours.
• RB et GF/ PressPepper
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