C’est votre première au Foreztival. Pourquoi ça ne s’est jamais fait avant ?
« Soit on était en tournée, soit on ne nous l’avait pas demandé, je ne sais pas exactement. Il y a aussi eu de longues périodes durant lesquelles on n’a pas fait de concerts. Là, ils m’ont dit “écoute, c’est la 20 e édition, tu n’as jamais joué ici, il faut que tu viennes”. Je leur avais dit que ça faisait dix ans qu’on n’avait pas fait de tournée, ils m’ont répondu “tu te débrouilles”. Le Foreztival, quand on est Ligérien, c’est forcément une date à part. »
Qu’est-ce qu’il représente pour vous ce festival (1) ?
« C’est le gros festival de la région, c’est plein de bénévoles, c’est une super dynamique, des gens qui font ça depuis des années… Avant, il y avait plein de petits festivals, à Sail-sous-Couzan ou à Saint-Just-Saint-Rambert. Et il y avait le Oulala Festival à Saint-Bonnet-le-château puis à Saint-Marcellin-en-Forez qui était vachement bien. Je sais qu’il y a des gens de divers festivals qui ont disparu qui travaillent aujourd’hui sur le Foreztival. On sent une bonne atmosphère. J’espère qu’il va perdurer. Je suis heureux d’y aller et heureux que ça existe. »
« J’avais envie de faire un truc à la Jean-Louis Murat »
L’association FZL annonce une formation en band. Comment sera-t-il composé ?
« Najah El Mahmoud sera là et il y aura les copains de la dernière tournée parce qu’on était bien rodés. On sera trois ou quatre, je ne sais pas encore. On n’a pas beaucoup de temps pour travailler. Moi, c’est vrai que je travaille beaucoup à la maison et après, on fera quelques répétitions. »
Pourquoi ce retour sur scène maintenant alors que la formation n’a pas donné de concerts depuis la tournée qui a suivi la sortie de Sebolavy (2016) ?
« C’est vraiment le fait de n’avoir jamais joué au Foreztival, que c’est la 20 e édition et que c’était une opportunité. Tous les groupes présents seront en fin de tournée. Et nous, ça ne sera peut-être pas super en place mais ils m’ont dit “c’est pas grave, c’est un concert clin d’œil. Venez jouer une heure, venez comme vous êtes”. J’ai dit “OK, pas de problème, on va travailler un truc.” »
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Vous-même, après les trois concerts donnés au théâtre des Pénitents de Montbrison en février 2023 et une reprise d’ Et quand bien même lors d’un hommage à Jane Birkin à l’Olympia en février 2024, on ne vous a plus revu en solo sur scène…
« Oui, il n’y a eu que ça ces dernières années. Quand j’ai sorti mon album en 2023 ( Nous étions des humains ), je n’ai pas fait de tournée. Je n’en n’avais pas envie, mes filles étaient petites et je n’étais pas du tout focalisé là-dessus. Je voulais juste sortir un disque. J’ai toujours fait des concerts depuis que j’ai 16-17 ans et là j’avais envie de faire un truc à la Jean-Louis Murat qui faisait des disques, chez lui, sans faire de tournée. »
Vous jouez au Foreztival le même soir que Bigflo et Oli avec qui vous aviez fait une reprise de Respire (2020)… Vous allez les inviter sur scène pour cette chanson ?
« Je ne sais pas, peut-être. Ils sont sûrement très occupés par une grosse tournée et sortent un album. On n’a pas encore eu l’occasion d’en discuter. »
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Ce passage à Trelins, c’est un “one shot” ou une reformation à venir de Mickey 3D ?
« Oui, c’est la seule date prévue pour l’instant. Je travaille sur un disque avec une sortie, je pense, pour 2027. Il y aura peut-être des dates à ce moment-là. J’appellerai les copains, puis on ira répéter et faire des concerts. Mais là, c’est vraiment un “one shot”. »
De quoi parlera ce prochain disque ? Vous allez défendre des thèmes qui vous sont chers comme l‘écologie ?
« J’ai une ou deux chansons sur ce sujet et d’autres qui parlent un peu de tout. Il y aura aussi des choses un peu plus légères. Moi, je tourne toujours autour du mélange de poésie et de social à petites touches. Pour l’instant, je travaille tout seul. Après, j’irai peut-être en studio enregistrer d’autres titres avec des copains. Bruno Preynat, de Studio E (Écotay-l’Olme) est toujours à mes côtés pour travailler le son ensuite. »
« L’avantage, c’est que je peux chanter mes vieilles chansons »
Si on regarde votre discographie, on se rend compte que vous n’avez enregistré qu’un seul album en public ( Live à Saint-Étienne au Palais des spectacles en 2004). Est-ce qu’on peut imaginer un enregistrement live à Trelins plus de vingt ans plus tard ?
« Je n’y ai pas encore pensé mais maintenant que vous me le dites, pourquoi pas. On va voir mais ça risque de ne pas être bien au point. En général, on enregistre les lives en fin de tournée, quand on est bien calé. Mais oui, il n’y a qu’un live. On avait aussi fait des trucs qui n’étaient pas officiels. »
En 2022, quelques semaines avant la sortie de Nous étions des humains , vous nous aviez fait part de votre inquiétude quant à l’état du monde, notamment au niveau de l’écologie. Quatre ans après, votre point de vue n’a pas changé ?
« Ma réponse n’est pas différente. Et c’est de pire en pire. L’avantage c’est que je peux chanter mes vieilles chansons. Par exemple, dans notre premier album ( Mistigri Torture , 1999), notre chanson La France a peur parle du journal télévisé, de comment sont traitées les infos à la télé. Aujourd’hui, je peux la chanter et c’est encore pire qu’avant. Je pense aussi à Respire (titre sur l’écologie issu de l’album Tu vas pas mourir de rire , 2003), je peux encore la chanter. Toutes mes chansons un peu engagées, je peux toutes les chanter aujourd’hui. »
« Écotay Moingt/ASSE ? C’est la seule fois de ma vie où je n’étais pas pour les Verts »
Que pensez-vous de la saison de l’ASSE (2) ?
« Hier (mardi), en regardant le 0-0 tout pourri qu’ils ont fait contre Nice je me suis dit que c’est quand même fou quand on voit la ferveur qu’il y a autour de ce club, les supporters et le fait que les propriétaires ont de l’argent, de ne pas arriver à avoir une équipe plus compétitive que ça. Qu’ils aillent en Ligue 1 ou pas, c’est quand même hallucinant. Quand on voit en Ligue 1 des clubs comme Le Havre ou Angers qui s’en sortent avec des budgets modestes… Ou quand on voit ce qu’a fait Lens, c’est assez fou. »
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Vous, l’enfant d’Écotay-l’Olme, comment avez-vous vécu la rencontre Écotay Moingt/ASSE pour le 8e tour de la Coupe de France en novembre dernier à Geoffroy-Guichard ?
« Déjà, au tour précédent, ils se qualifient sur une égalisation dans les arrêts de jeu et gagnent aux tirs au but (contre Nord Lozère)… Contre l’ASSE, j’étais au stade Geffroy-Guichard et c’est la seule fois de ma vie où je n’étais pas pour les Verts ! C’était génial et l’ASSE a été super. Le club leur avait prêté leur bus et le départ de la salle des fêtes d’Écotay-l’Olme, on aurait dit qu’on était à Sainté. On était tous sur la place, on les encourageait. Les joueurs d’Écotay sont allés s’entraîner trois jours là-bas et ils se sont éclatés. Ils ont été super bien accueillis par les Verts. On savait qu’on n’allait pas gagner et c’était une fête. Le kop avait chanté « shalalala, oh Écotay » ! En plus, ils arrivent à sauver l’honneur (les Verts l’avaient emporté 11-1). C’est un truc qu’on ne revivra jamais ».
(1) Mickey 3D au 20 e Foreztival (31 juillet-2 août), dimanche 2 août. Tarifs : de 49 euros (billet un jour) à 108 euros (pass trois jours). Billetterie sur foreztival.com.
(2) L’interview a été réalisée entre les deux matches de barrages contre Nice.