Les sweats à capuche qu’on voyait partout sur Instagram, portés
par Rihanna ou Stormzy, ne sont plus aussi assurés de rester en
vitrine. Une marque de vêtements britannique prisée des
célébrités vient d’entrer dans une procédure d’insolvabilité au
Royaume-Uni, quelques années seulement après avoir engrangé des
millions pendant la pandémie. Derrière ces chiffres, c’est tout un
pan du streetwear londonien qui vacille, au moment même où les
faillites de chaînes de mode se multiplient outre-Manche.

Cette griffe, c’est Trapstar, marque de streetwear née à
West London en 2005 et devenue au fil des ans un symbole du rap
britannique comme de la culture pop mondiale. Portée par Rihanna,
Jay-Z, Central Cee ou encore Stormzy, associée au label Roc
Nation
et distribuée chez Selfridges, elle s’est imposée comme
une référence du streetwear premium. Aujourd’hui, elle est placée
en administration, l’équivalent d’un redressement judiciaire qui
peut déboucher sur une liquidation pure et simple. Une
ascension fulgurante stoppée net.

Trapstar, la marque de streetwear britannique au bord de la
liquidation

Fin mai 2026, des administrateurs du cabinet Interpath Advisory
ont été nommés après environ deux mois de recherche de nouveaux
financements pour Trapstar. La marque a été mise en vente
sur une plateforme spécialisée dans les entreprises en difficulté,
une étape clé de la procédure d’administration britannique.
Concrètement, l’activité est placée sous la protection du tribunal
pour tenter de trouver un repreneur ou restructurer la dette, avant
une éventuelle fermeture définitive. Selon les derniers comptes
publiés, l’entreprise emploie 57 salariés qui se retrouvent
désormais dans l’incertitude.

Les chiffres illustrent la violence du retournement. En 2022, le
chiffre d’affaires de la marque a culminé à près de 40 millions de
livres, porté par le boom du streetwear pendant la pandémie. En
2024, il est retombé autour de 17 à 17,7 millions de livres, tandis
que le bénéfice net passait de 7,4 millions à seulement 1,2 million
dès 2023. Pendant ce temps, les quatre directeurs se partageaient
3,6 millions de livres de rémunération annuelle cumulée. Un
porte-parole de la marque tente pourtant de rassurer sur l’attrait
du label. « La direction a indiqué que le recul récent du
chiffre d’affaires s’expliquait principalement par des contraintes
de fonds de roulement affectant la disponibilité des stocks, plutôt
que par une baisse de la demande ou des performances de la
marque », a déclaré ce représentant au Sun, cité par le
Mirror.

De marque culte des célébrités à victime de la crise du retail
britannique

Avant ce coup d’arrêt, Trapstar s’était construite comme
une success story black-owned londonienne. Née dans les rues de
l’ouest de la capitale, la marque a d’abord vendu ses pièces en
petites quantités, jouant à fond la carte des « drops »
limités annoncés sur les réseaux sociaux. Sa signature graphique et
ses collaborations avec le label de Jay-Z, Roc Nation, l’ont
propulsée sur les épaules de Rihanna, de Stormzy ou de Central Cee.
Ses hoodies à 200 ou 300 livres, soit jusqu’à environ 350 euros, et
ses T-shirts à 80 ou 100 livres trouvaient preneur malgré des prix
élevés.

Le contexte ne joue pas en faveur de la marque. Au Royaume-Uni,
les défaillances dans le commerce de détail ont progressé d’environ
5 % depuis 2024, tandis que les ventes restent encore 1,7 % sous
leur niveau d’avant-Covid, selon les données officielles citées par
les médias britanniques. Inflation, coûts logistiques et loyers
plus lourds ont grignoté les marges d’un modèle basé sur des stocks
importants pour alimenter les prochains drops. Frasers Group,
l’empire de Mike Ashley, fait partie des candidats potentiels à une
reprise. Reste à savoir si ce nom suffira à sauver Trapstar
d’une disparition définitive.

Sources

En bref

  • Fin mai 2026, la marque de streetwear britannique Trapstar,
    adulée par Rihanna et Stormzy, est placée en administration au
    Royaume-Uni après mois de tensions financières.
  • Les ventes de Trapstar sont passées d’environ 40 M£ à 17,7 M£
    en deux ans, alors que l’inflation et le retail britannique
    fragilisaient la marque.
  • Entre drop model, prix premium et intérêt de Frasers Group,
    l’avenir de cette griffe culte reste suspendu à l’issue de la
    procédure d’insolvabilité.