Entamé le 19 mai, devant la cour d’assises, à Nantes, le procès du meurtre de Jonathan Coulom, 10 ans, entre dans sa dernière ligne droite. L’enfant, qui habitait le Cher, a été enlevé au printemps 2004 à Saint-Brevin-les-Pins et retrouvé mort dans un étang de Guérande six semaines plus tard.
Troisième et dernière semaine aux assises de la Loire-Atlantique du procès de Martin Ney. L’Allemand de 55 ans est jugé depuis le 19 mai pour l’enlèvement et le meurtre de Jonathan Coulon, au printemps 2004, en Loire-Atlantique. L’enfant de 10 ans a été enlevé dans un centre de vacances de Saint-Brevin-les-Pin dans la nuit du 6 au 7 avril 2004. Originaire d’Orval, dans le Cher, il était en classe de mer avec son école. Son corps est retrouvé six semaines plus tard, dévêtu, ligoté et lesté d’un parpaing dans un étang de Guérande.
L’accusé, déjà condamné dans son pays pour les meurtres de trois enfants et des agressions sexuelles sur neuf, a été mis en cause en 2017 dans l’affaire Jonathan .Il nie les faits dans ce dossier. Ses avocates ne souhaitent pas s’exprimer.
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Les avocates des parties civiles, elles, parlent au nom de leurs clients. Me Catherine Salsac défend la mère de Jonathan elle concède que ces deux semaines d’audience ont été « éprouvantes ». Gendarmes français, enquêteurs allemands, expert en informatique, en comportement, légiste, participants à la classe de mer , entre autres, ont été entendus. Une quizaine d’experts et de témoins se sont succédés. Il y a aussi les auditions de l’accusé, pédophile assumé , avec de la traduction, qui demande de la concentration et rallonge les interventions.
Me Corinne Herrmann, elle, défend le père et la grande soeur de Jonathan. « Oui, ils sont fatigués parce que physiquement c’est difficile avec des journées longues, denses. Il y a une pesanteur sur cette audience. Il y a les éléments qui sont abordés, qui sont très lourds pour eux parce qu’ils découvrent certaines parties du dossier, même si on les a préparés, il y a toujours des éléments qu’ils n’ont pas entendu, qu’ils n’ont pas vu. Il y a des photographies, des images des meurtres précédents, des images de pédophilie aussi. Tout ça, c’est très très difficile à absorber. »
Dans ce dossier, il n’y a pas l’élément irréfutable. Mais notamment des similitudes avec les meurtres allemands – les deux profilers, allemand et français, parlent même d’une signature Martine Ney – et le témoignage troublant d’un co-détenu. Au fil des audiences, des faiblesses dans le travail des enquêteurs ont pu apparaître. C’est le cas de cet agriculteur qui contacte la cellule d’enquête après avoir vu un homme grand avec une voiture immatriculée en Allemagne, près d’un étang, mais qui n’a pas été rappelé.
Un procès déterminant pour les avocates des parties civiles
Pour autant, Me Salsac est confiante : « Les faits étaient tels qu’ils étaient au départ, avec des analyses génétiques qui laissaient penser que la personne connaissait les lieux. Que ce n’était pas un étranger. Que, malheureusement, Jonathan avait été séquestré pendant un certain temps et donc que forcément tout se trouvait autour de la mare à Guérande, avec un connaisseur. Et puis Martin Nay n’avait pas été identifié, n’avait pas été arrêté. Sachant que pour les meurtres en Allemagne, il n’y a pas de traces matérielles non plus. C’est parce qu’il a avoué qu’il a pu être condamné On a une présidente qui connait très, très bien le dossier, qui pose les bonnes questions, en détails. »
Me Herrmann regrette la manière dont cette enquête a démarrré, mais à ses yeux, « le dossier s’est construit ensuite et lorsqu’on a identifié Monsieur Ney, ça s’est construit de façon beaucoup plus forte. En fonction de ce qu’il avait déjà fait, de ce qu’on savait de lui et de ce qu’on pouvait retrouver sur la scène de crime. Donc au contraire, je pense qu’aujourd’hui, madame la présidente de la cour d’assises est en train de démontrer ce qu’il y a vraiment au dossier, de reconstruire ce dossier. On dit toujours qu’on refait l’instruction à l’audience. Elle est en train de faire cette instruction brillamment. »
Corinne Herrmann estime que » au fil de l’audience, nous avons de plus en plus d’éléments qui démontrent que les faits sont en lien avec lui. En tous les cas, c’est ce qu’on pense et c’est ce que pensent nos clients aussi. Je pense que tout est discuté et que c’est équilibré. C’est très important que la défense ait la parole et que l’on puisse confronter les versions. On voit qu’il est lui à géométrie variable. Il s’adapte à chaque fois à la question, à son interlocuteur. Il répond très souvent à côté de la question volontairement. Il évite de nous répondre sur les choses qui peuvent le toucher, l’amener à parler. »
Verdict attendu en fin de semaine
Le procès de Martin Ney reprend ce lundi 1er juin, avec ce matin, en principe, l’audition du co-détenu allemand aux révélations accablantes. Le procès doit se terminer ce jeudi 4 juin. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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