Depuis des mois, certains semblent éprouver une étrange fascination à importer en France le conflit israélo-palestinien. Manifestations sous tension, slogans haineux, intimidations, fractures communautaires, emballement sur les réseaux sociaux… Comme si notre pays devait devenir le prolongement émotionnel et idéologique d’une guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres

À ce titre, l’appel à boycotter le dessinateur Joann Sfar, invité d’un festival à Marseille, à travers une affiche proclamant « Sionistes hors de notre ville », est révélateur. Il ne s’agit plus d’un simple désaccord intellectuel, ni d’une critique politique ordinaire. Nous sommes face à une logique de mise à l’index qui devrait alarmer tous ceux qui demeurent attachés à la liberté de conscience, à la création artistique et au pluralisme.

« Aucun moyen d’influer »

Joann Sfar n’est pas un représentant d’un État. Il n’est ni un gouvernement, ni une armée. C’est un écrivain, un dessinateur, un cinéaste, un homme de culture dont l’œuvre a toujours été traversée par le dialogue, l’identité, la mémoire et la complexité humaine. Le désigner comme une cible à boycotter en raison de ses convictions supposées ou revendiquées…