CHRONIQUE- Olivier Nakache et Éric Toledano décrivent dans leur film Juste une illusion la fin de l’âge d’or du statut de cadre, sous la pression de la montée du chômage. La roue a depuis bien tourné.
« Tu es mon cadre. » Dans Juste une illusion , pour exprimer sa reconnaissance à son père, le jeune Vincent lui emprunte ses mots. Le film d’Olivier Nakache et Éric Toledano, sorti il y a quelques semaines, ressuscite une famille de la classe moyenne de banlieue parisienne en 1985. La vie professionnelle des deux parents tourne autour de cet horizon : l’accession au statut de cadres. Le père, ancien ouvrier, qui a progressé au sein de son entreprise jusqu’au graal, découvre que son titre ne le protège pas d’une profonde injustice : il a été renvoyé et connaît le chômage. La mère, assistante au début du film, se met à l’informatique, passe un test interne, et se trouve promue directrice commerciale. C’est désormais elle la cadre de la famille.
La fierté des deux protagonistes illustre la thèse défendue par Philippe d’Iribarne dans son formidable essai La Logique de l’honneur, où il explore les codes de reconnaissance implicites au sein des groupes professionnels en France…
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