Derrière la plateforme de courtage Freedom24 se cache un géant kazakhstanais, Freedom Holding Corp, coté au Nasdaq, dont l’objectif est d’étendre ses services en Europe. Pour accélérer, elle a choisi la France où elle tisse sa toile auprès de l’administration.
Qui connaît l’entreprise Freedom24 en France ? Si la plateforme de courtage est jusqu’ici restée discrète dans l’Hexagone, au Kazakhstan, où elle est basée, Freedom Holding Corporation fait office de pieuvre géante de services numériques, capable de rythmer la vie des 20 millions d’habitants de cette ancienne république soviétique, à partir de leur smartphone.
Freedom Bank, Freedom Satellite, Freedom Cloud, voyages, assurances, lifestyle, médias, et depuis peu alimentation… le groupe dirigé par Timur Turlov, un entrepreneur d’origine russe, n’en finit pas d’étendre sa SuperApp et son « offre globale » en Asie centrale. Pour commencer.
Car l’ambitieux PDG ne compte pas s’arrêter là. Selon nos informations, après des mois de lobbying, il est reçu parmi la délégation d’investisseurs étrangers, à l’occasion du sommet « Choose France » ce lundi 1er juin au château de Versailles.
L’État et les grandes banques
Mais les discussions ne datent pas d’hier. En juin 2022, après avoir reçu l’approbation du gendarme bancaire (ACPR), la néobanque est inscrite au Regafi, le registre français des agents financiers autorisés. Elle a dès lors ouvert un bureau d’une dizaine de salariés à La Défense à Paris pour son activité de courtage en ligne. La fintech veut aujourd’hui s’intégrer davantage dans l’écosystème tricolore :
« Nous étudions de manière active la possibilité d’obtenir une licence bancaire en France. Le gouvernement français nous a sélectionnés avec les investisseurs étrangers et apporte un soutien sans faille à nos projets », s’est même félicité, dans un show digne des keynotes de la Silicon Valley, Evgenii Tiapkin, directeur exécutif de Freedom24, lors de son tout premier événement d’auto-promo organisé début avril dans la capitale du Kazakhstan, Astana, avec la parfaite participation de l’Etat. Pour l’occasion, la fintech, incorporée dans l’Etat du Nevada et cotée au Nasdaq depuis 2019, avait invité des journalistes exclusivement européens.
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