Ah bon, on a le droit ! On va pouvoir peindre sur le mur ? s’exclament les enfants de moyenne et grande sections de Géraldine Leroux, directrice de l’école maternelle publique du Petit-Prince, à Trémentines (Maine-et-Loire). C’était fin avril 2026, après tout un cheminement de conte en conte et de peintre en peintre.
L’idée d’une fresque est née collectivement durant l’année scolaire 2024-2025, avec l’école élémentaire qui elle aussi a construit son module culturel autour de l’art pictural avec le peintre Portugal Ibana, en réalisant cinq tableaux gigantesques inspirés du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Un budget commun, alloué par la municipalité, a permis de bâtir un projet pour chaque école, précise Caroline Coutant, enseignante de la classe des tout-petits.
Une petite marque personnelle
À la maternelle, les contes sont une base de nos enseignements, nous voulions que le Petit Prince en soit au cœur. Le duo d’artistes nantais SaBéPat est contacté, car leur travail est en adéquation. Leur proposition correspondait aux attentes d’une école maternelle : technique du pochoir, couleurs chaudes et douces, rondeur des formes, etc. Et, surtout, chaque enfant réalise un petit animal (papillon, araignée, coccinelle…) qui se glisse dans la fresque. Une sorte de signature multipliée par 40 !.
Avant de jouer du pinceau, il a fallu faire entrer l’art à l’école. Une conférencière est ainsi venue parler de Matisse et Niki de Saint Phalle, leur vie et leurs œuvres. C’était vivant, captivant. Chaque enfant a ensuite créé à la manière de l’artiste évoqué. Ce qui n’a pas empêché de se rendre aussi au musée de Cholet, une première fois pour beaucoup. On s’est concentrés sur la période abstraite.
Des styles déjà bien identifiés
Dans le couloir de l’école s’affichent aussi des peintures enfantines à la mode Kandinsky, Mondrian ou encore Dubuffet. Chaque enfant sait reconnaître les œuvres de cinq peintres au moins. L’art a semé ses graines et guidera peut-être des jeunes destins.
J’aimerais retourner dans le musée, souhaite ainsi un enfant de petite section. Quand un autre, en train de peindre sur le chevalet de la classe, lance : Ce que je peins, je vais aller l’accrocher dans le musée.