l’essentiel
Entre investigations judiciaires et recherches opérationnelles, le travail de la gendarmerie se concentre sur deux fronts essentiels après la disparition de Lyhanna, 11 ans, vendredi 29 mai, à Fleurance (Gers). Les enquêteurs engagent une course contre la montre pour retrouver au plus vite la trace de la jeune collégienne.
Soixante-douze heures après la disparition de la jeune Lyhanna, 11 ans, survenue à Fleurance (Gers) vendredi 29 mai, la course contre la montre continue pour les enquêteurs mobilisés. « Tous les témoignages sont pris en compte, toutes les pistes sont étudiées sur le terrain et, dans le même temps, le travail de l’identification criminelle et d’analyse technique, beaucoup moins visible, est essentiel », résume cet expert judiciaire. Alors que le principal suspect de 41 ans a été présenté, ce lundi 1er juin 2026, devant un juge d’instruction du pôle criminel du tribunal judiciaire d’Agen –territorialement compétent–, les recherches se poursuivent sur le terrain pour tenter d’identifier une piste, une trace de la jeune disparue.
Depuis vendredi après-midi 29 mai, Lyhanna n’a plus donné signe de vie. Le principal suspect, un père de famille dont la fille est une amie de la disparue, assure avoir déposé cette dernière devant la piscine de Fleurance, le même jour, peu après 15 heures. Mais ses déclarations, jugées « incohérentes » selon la procureure d’Auch, qui avait ouvert une enquête pour « enlèvement et séquestration », a fait savoir, ce lundi en fin de matinée, que « les charges sont suffisantes pour ouvrir une information judiciaire ».
Microgoutte de sang dans l’affaire Maëlys
Dans ce type d’affaires, il y a toujours deux axes de travail : les recherches opérationnelles permettant de mobiliser des moyens humains et techniques importants, comme c’est le cas depuis vendredi soir, et les investigations purement judiciaires. Les enquêteurs de la section de recherches de Toulouse travaillent, en toute discrétion, sur plusieurs volets. « Il y a la personnalité de ce suspect qu’il faut décrypter, entendre son entourage, famille, proches, mener des perquisitions à son domicile, saisir les différents supports informatiques et fouiller sa voiture », indique une source judiciaire.
Dans le cadre de cette affaire, les enquêteurs ont saisi le véhicule dans lequel Lyhanna a été vue vendredi dernier, en compagnie du suspect. Une voiture qui est passée au peigne fin par les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise). Toutes les déclarations du suspect sont soumises à des vérifications. D’où la nécessité de procéder rapidement à des expertises techniques à l’intérieur de ce véhicule.
En février 2018, c’est en exploitant une microgoutte de sang dans le coffre de la voiture de Nordahl Lelandais que les enquêteurs ont obtenu ses aveux et découvert le corps de la petite Maëlys, disparue en août 2017, en Isère.
Dans l’affaire de la disparition de Lyhanna, toutes les avancées dans l’enquête sont importantes car elles peuvent modifier la qualification retenue. À ce stade, le suspect pourrait être poursuivi pour « enlèvement et séquestration sur mineure », une qualification criminelle passible de 30 ans de réclusion.