« Les faits, rien que les faits. » Telle était la promesse de Renaud Muselier ce lundi matin à l’Hôtel de Région à Marseille au moment de faire l’autopsie d' »un immense gâchis ». Celui de l’éviction du pôle niçois face au refus d’Éric Ciotti (UDR), maire élu fin mars, de mettre à la disposition des Jeux l’Allianz Riviera pour les tournois de hockey sur glace et à l’impossibilité de dissocier les épreuves de glace entre plusieurs villes. Résultat des courses, les instances sportives ont sifflé la fin de la récréation, le Sud a perdu ces sports au profit de Lyon tout comme très probablement la cérémonie de clôture.

« Nice perd le cœur battant des JO 2030 », a résumé le président de Région, estimant des pertes entre « 800 millions et 1,5 milliard d’euros d’investissement » et entre « 180 et 280 millions d’euros de retombées touristiques ». Alors, à qui la faute ? Pour Renaud Muselier (Ren.), celle-ci revient à son adversaire, devant son entêtement à ne pas vouloir céder sur la question du stade. « Il ne veut pas le faire, c’est son choix, je le respecte, mais il perd les Jeux. Qu’il ait le courage de l’assumer au lieu de vouloir rejeter la faute sur les autres. » Éric Ciotti, lui, a déplacé la question sur le terrain politique, accusant « des puissances d’argent qui ont voulu autre chose ».

« Cette décision est honteuse, scandaleuse, politicienne. On a préféré une ville d’extrême gauche à Nice pour sanctionner les Niçois », a-t-il avancé, soutenu par ailleurs par le président du Rassemblement national Jordan Bardella dans cette théorie. Le potentiel candidat à la prochaine présidentielle avait ainsi posé cette question sur X : « Cette décision est-elle réellement guidée par l’intérêt général, ou constitue-t-elle une sanction politique après l’élection d’Éric Ciotti à la mairie de Nice ? » Il n’en fallait pas plus pour allumer la mèche.

« On a mis cinq ans à construire ce dossier, monsieur Ciotti l’a détruit en deux mois »

« Je veux maintenant déconstruire une petite musique que j’entends monter. Personne n’a abandonné Nice par confort ou punition. Personne n’a décidé depuis Paris, depuis Lausanne, depuis Marseille ou Lyon, de retirer les épreuves à Nice sans chercher de solution », a soutenu Renaud Muselier, tout en tançant l’édile au fil de sa prise de parole.

« On a mis cinq ans à construire ce dossier, monsieur Ciotti l’a détruit en deux mois », a-t-il résumé, avant de lâcher : « Il ne sait pas de quoi il parle depuis le début. » Il a également profité de l’occasion pour répondre à Jordan Bardella et le RN. « Ils n’aiment pas les Jeux, c’est leur problème, mais je pense que, quand on est candidat à la présidence, on doit avoir un esprit de rassemblement. » Ce ne sera pas à travers les Jeux à Nice, qui voit là une occasion unique s’échapper. « La déception est immense car l’histoire olympique ne repasse jamais deux fois », a conclu Renaud Muselier dans le regret.