Par
Rédaction Lyon
Publié le
1 juin 2026 à 17h47
Pont entre Croix-Rousse et Fourvière, îles au milieu de la Saône ou télécabines en entrée de ville auraient pu marquer la physionomie de Lyon. C’est l’objet du dossier « les 20 projets qui auraient changé Lyon », paru dans le magazine nouveau Lyon dont nous sommes partenaires. Zoom sur l’histoire du Vieux-Lyon rasé, illustré par l’architecte lyonnais Étienne Fradin.
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1930, quarante personnes décèdent brutalement dans l’effondrement d’une partie de la colline de Fourvière. Une tragédie qui vient accentuer le ressenti de vétusté du Vieux-Lyon. Le maire de Lyon, Édouard Herriot, a un point de vue bien arrêté sur le quartier, « un ramassis de taudis tout juste digne de l’équarrisseur ».
Raser le Vieux-Lyon pour un « quartier moderne »
Quelques années avant, à sa demande, l’architecte Pierre Bourdeix (qui signera la tour du Centre international de recherche contre le cancer à Grange-Blanche) préconise de raser une partie des immeubles afin de concevoir un quartier moderne. « Pour réduire au minimum la mortalité des classes populaires, il n’est pas nécessaire de les enrichir, il suffit de bien les loger », écrit-il.
La rue Saint-Jean serait élargie, une vaste place est dessinée devant la primatiale, avec une fontaine monumentale. De part et d’autre, on aperçoit des constructions massives, qui viennent conforter la colline. L’architecte Robert Giroud précise ce projet dans les années 30.
Des immeubles, un marché couvert…
Un cahier des charges est édité en 1941, qui s’apparente à une première phase du programme. Deux volées d’escaliers doivent relier la rue Tramassac à la montée du Chemin-Neuf. Des garde-corps seraient installés le long des deux montées (Chemin-Neuf et Saint-Barthélemy). Une terrasse belvédère est dessinée au niveau de la montée Saint-Barthélemy.
Ce projet, évalué à 3 millions de francs, bénéficie d’une subvention du gouvernement. Il fait suite aux travaux de consolidation de la colline. Sur les croquis, on devine que la déambulation conduit à la porte des Lions de la basilique, côté ville. C’est là le plan originel de l’architecte Pierre Bossan. Il y renonça du fait qu’il imposait au pèlerin d’entrer dans la crypte avant de s’élever jusqu’à l’église principale.
Seule la cathédrale Saint-Jean est sauvée
Revenons à Bourdeix. Emporté par son élan dans d’autres études, il va plus loin en ne conservant que Gadagne et la cathédrale. À la place, un immense marché couvert serait desservi à l’arrière par des voies ferrées en provenance de Saint-Paul.
Ce marché est coiffé d’immeubles d’habitation perpendiculaires à la Saône. Avantage : libérer le marché de gros qui est à l’étroit, quai Saint-Antoine. L’architecte obtient pour cette idée le premier prix du concours organisé chaque année par la Société d’embellissement de Lyon.
Louis Pradel voulait une autoroute dans le Vieux Lyon
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, puis l’impératif de la reconstruction auront raison de ces ambitions, avant qu’un certain Louis Pradel n’imagine un boulevard reliant le pont du Change (actuel pont Maréchal-Juin) à Saint-Just via la montée du Chemin-Neuf, emportant lui aussi de nombreux immeubles.
Cette fois, c’est la mobilisation citoyenne de l’association Renaissance du Vieux-Lyon qui sauvera le quartier.
Le sommaire du dernier numéro de nouveau Lyon :

Le magazine « nouveau Lyon » de juin 2026. (©nouveau Lyon)
🔺 Les 20 projets qui auraient changé Lyon : pont entre Fourvière et Croix-Rousse, jardins suspendus à Fourvière, montée de la République, Grand Stade à Vénissieux, tour de la Cité internationale…
🔺 Dossier immobilier tertiaire spécial Ciel (15 pages)
🔺 Cédric Van Styvendael : “Je dis aux promoteurs : ne jouez pas aux cons”
🔺 Une Ville : Caluire
🔺 Un chantier : Up la Factory
Et toute l’actu du mois : la préfecture rend les PC, une boulangerie sauvée route de Genas, nouvelles rames de la Région, le statut du bailleur privé amendé…
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