Alors que les Arméniens sont appelés aux urnes dimanche 7 juin pour des élections législatives, l’Union européenne a dénoncé, lundi 1er juin, des tentatives de « coercition » de la part de la Russie. Le gouvernement du Premier ministre Nikol Pachinian, partisan d’un rapprochement avec Bruxelles et Washington, joue sa reconduction. Mais à l’approche du vote, les rétorsions commerciales et les menaces plus ou moins voilées se sont multipliées en provenance du Kremlin.

Publié le : 02/06/2026 – 05:05

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Le scrutin approche et la tension ne cesse de monter entre Erevan et Moscou. Le rappel, samedi 30 mai, par la Russie de son ambassadeur en Arménie en témoigne. Plus inquiétantes encore : les mots du président russe lors d’un sommet au Kazakhstan la veille. À Astana, Vladimir Poutine a déclaré que le « scénario ukrainien » avait commencé la tentative de Kiev de se rapprocher de l’Union européenne (UE). Pour Bruxelles, c’est le signe que Moscou veut influer directement sur le scrutin.

« Ce n’est pas un hasard si cela arrive maintenant. La Russie cherche à paralyser l’économie arménienne et à influencer le résultat des élections. Pour notre part, nous continuons à soutenir l’Arménie pour qu’elle puisse faire face à ces tentatives de coercition. Nous soutenons l’Arménie face aux menaces hybrides, face aux manipulations et aux tentatives visant à saper la confiance dans les institutions démocratiques », affirme Anouar El Anouni, porte-parole de la Commission européenne.

Signes les plus tangibles de cette tentative de coercition : ces mesures de rétorsion commerciales de la Russie, officiellement pour des raisons phytosanitaires. Après les eaux minérales et les alcools arméniens, ce sont les fruits et légumes qui ont été frappés par des restrictions la semaine dernière. Le message envoyé par Moscou est limpide : si l’Arménie décide de se tourner vers les pays occidentaux avec ces élections, son économie en paiera le prix.

Aucune candidature d’adhésion à l’UE officiellement déposée

La semaine dernière, Vladimir Poutine a appelé Erevan à organiser un référendum « le plus tôt possible », estimant qu’il était impossible pour l’Arménie de concilier une adhésion à l’Union européenne et son maintien dans l’Union économique eurasiatique (UEE), dirigée par Moscou.

Dans une allocution vidéo sur Facebook, Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien, a indiqué qu’« il serait illogique d’organiser un référendum » tant que le choix entre les deux blocs « ne sera pas inévitable, tant que l’Arménie n’aura pas officiellement déposé sa candidature à l’adhésion à l’UE ou qu’elle ne sera pas proche d’obtenir le statut de pays candidat ».

Ces propos interviennent une semaine avant des élections législatives en Arménie ayant valeur de test pour le chef du gouvernement, qui cultive des relations à la fois avec la Russie et l’Occident. Selon Nikol Pachinian, les relations arméno-russes sont actuellement « dans une phase de transformation ». « Nous sommes en train de construire de nouvelles relations avec la Russie, et je suis convaincu que nous y parviendrons, notamment parce que nos relations avec la Russie sont ouvertes et sincères », a-t-il déclaré.