Dans les prochaines heures, le natif de Sainte-Julie prendra la direction de Calgary en Alberta, où se déroulera le camp de sélection de l’équipe nationale des moins de 21 ans. Vingt-huit joueurs ont été invités, dont trois autres Québécois, Zachary Lowe, Julien Perron et Alexandre Arseneault.
Le numéro 1 de l’équipe collégiale D1 des Titans de Limoilou a bon espoir de se retrouver parmi les 14 athlètes retenus pour représenter le Canada lors de la prochaine édition de la Coupe panaméricaine de volleyball masculin (U21).
Le cas échéant, il se retrouvera parmi les meilleures équipes des confédérations de la NORCECA et d’Amérique du Sud réunies au Guatemala à la fin du mois.
Le meilleur marqueur du RSEQ avec une moyenne de 5,34 points par set a été un rouage tellement important dans la conquête du championnat provincial et de la Coupe de l’Est du Canada (fiche de 6-0) par les Titans qu’il se permet d’être confiant.
«Je pense que ça peut être mon année, je ne verrais pas pourquoi ils ne me prendraient pas avec la saison que je viens de connaître, dit-il avec assurance. C’est la première fois que je fais un camp de sélection de cette ampleur.»
«Je pense que mes chances sont bonnes, mais je n’ai aucune idée à quoi m’attendre.»
— Zachary Desfossés, le joueur de l’année au pays selon l’Association canadienne du sport collégial (ACSC)
Longtemps le plus petit
Comme la position d’attaquant opposé est habituellement composée de mastodontes de plus de 6 pieds 9 pouces, Desfossés est considéré comme petit… une ironie qui le fait sourire considérant qu’il a toujours été parmi les plus petits des garçons de son âge jusqu’à la première année du secondaire.

«J’étais le petit maigre qui n’aurait jamais pensé un jour se retrouver dans un sport de grands, rigole-t-il. Même mes parents ne croyaient pas que j’aurais une bourrée de croissance. Mais je suis passé d’à peu près cinq pieds à cinq pieds neuf pouces en secondaire deux. Et me voici à 6 pieds 5 pouces.»
Il persiste et signe
Des entraîneurs lui ont conseillé de changer de position afin d’améliorer ses chances dans le programme national, mais Zachary Desfossés persiste et signe jusqu’ici. «Je pense que c’est possible. Je continue d’y croire, je me dis qu’en persévérant, je vais réussir à me rendre plus loin.»
L’athlète de 19 ans, qui fait osciller le pèse-personne à près de 190 livres, est confiant de compenser par sa grande portée, des qualités athlétiques qu’il a peaufinées grâce au basketball, un sport qu’il a d’abord pratiqué dans la rue avant d’en faire une passion.
«Je saute haut, autour de 12 pieds, à peu près la hauteur qu’atteignent les gars de six pieds 10 pouces, décrit-il. Ç’a toujours été une obsession pour moi de devenir le plus athlétique possible. Je ne me suis jamais contenté de ce que je pouvais faire.»

L’histoire de Zachary Desfossés en volleyball est digne de mention. Comme bien des jeunes québécois de son âge, il a joué au hockey pendant quelques années, et c’est sur le tard seulement qu’il s’est mis sérieusement au volleyball, inspiré par son grand frère, Xavier.
Ses débuts chez les Titans de Limoilou ont été modestes, un parcours qui fait réaliser à quel point l’année qu’il vient de connaître n’est rien de moins qu’exceptionnelle.
«Je n’ai pratiquement pas joué à ma première année et, lors de la deuxième saison, j’ai eu une chance de jouer. Je l’ai saisie et j’ai réussi de peine et de misère à me hisser sur la deuxième équipe d’étoiles. Je suis vraiment fier de mon développement. Je pense que quelqu’un de l’extérieur qui regarde ma dernière saison ne peut pas comprendre ce qui s’est passé.»
Chez le Rouge et Or
Dans les dernières semaines, Desfossés a été recruté par le Rouge et Or de l’Université Laval, équipe pour laquelle s’est aligné son frère Xavier de 2023 à 2025.
«J’ai regardé à l’extérieur, mais ça a toujours été mon premier choix. Le Rouge et Or a un campus à l’américaine et c’est une organisation remplie de ressources pour veiller au bon développement de ses joueurs. La salle de musculation, le gymnase, l’ambiance qui règne lors des matchs, c’est venu me chercher.»
«Mais il y a aussi la présence de Gino [Brousseau] comme entraîneur, c’est majeur. Ce n’est pas tous les joueurs qui ont la chance d’être dirigés par un pro comme lui.»
— Zachary Desfossés
Sacré joueur de l’année et athlète par excellence pan-canadien par l’ACSC ce printemps, Zachary Desfossés ne peut s’empêcher de ressentir de la fierté en voyant la progression du volleyball à l’échelle québécoise.
Un sport en plein essor
Sa ville d’adoption en est peut-être l’épicentre avec la tenue d’une deuxième étape de la Ligue des Nations (VNL) dans les prochains jours.
«Quand j’ai commencé, on était cinq gars de mon âge au Collège Français de Longueuil, ce n’était tellement pas populaire dans le temps, même si le programme était reconnu. Il y a eu une belle explosion de popularité, et je trouve que le sport a été bien vendu, notamment avec la tenue d’événements d’ampleur de la VNL.»
Le médaillé de bronze lors des derniers championnats canadiens avait été l’un des premiers à se ruer sur des billets, l’an passé, mais cette année, c’est le camp de sélection de l’équipe nationale qui monopolisera ses énergies.
«Après trois ans d’attente, je pense que ça pourrait être la bonne», conclut le bel espoir québécois.