Le blogueur Mahammad Mirzali est un opposant au régime au pouvoir en Azerbaïdjan

Le blogueur Mahammad Mirzali est un opposant au régime au pouvoir en Azerbaïdjan

Crédit : Charles Guyard

Réfugié politique en France depuis 2016, Mahammad Mirzali affirme avoir été pris pour cible en raison de ses dénonciations du régime de Ilham Aliyev et de faits présumés de corruption. Lors d’une audience sous haute sécurité, le blogueur a retracé aujourd’hui – mardi 2 juin – les circonstances de l’agression dont il a été victime et les conséquences qu’elle continue d’avoir sur son quotidien.

Placé sous protection policière permanente depuis les faits, il vit à une adresse tenue secrète et voit ses déplacements strictement encadrés par les services de sécurité.

Son avocat, Me Henri Carpentier, a souligné les importantes restrictions imposées à son client, qui ne peut mener une vie sociale ou professionnelle normale en raison de la menace persistante qui pèserait sur lui. « Quand vous avez un tel dispositif, vous ne pouvez offrir aucune interaction sociale, naturelle… Croiser quelqu’un dans la rue, entamer une discussion, prendre un café. Tout ça est interdit… »

 

« Ce n’est pas un homme politique, ce n’est pas un leader d’opinion »

 

Ce mardi, Mahammad Mirzali est venu pendant près de 3 heures raconter la violente agression qu’il a subie il y a cinq ans. Un « récit absolument terrifiant d’un engagement d’un homme en faveur de la liberté et qui se retrouve confronté à une machine. Il a parlé de la main noire de l’histoire, et la main noire de l’histoire a manifestement envoyé des tueurs chez nous, ici à Nantes, pour le tuer et à plusieurs reprises. »

Mon client dénonçait le gouvernement azerbaïdjanais, et la corruption. Ce n’est pas un homme politique, ce n’est pas un leader d’opinion. Il a 26 ans, il ne représente rien. En revanche, les informations qu’il délivre, elles représentent et c’est pour ça que, dès les premiers mots de sa plainte, il a désigné le gouvernement d’Azerbaïdjan et le régime d’Ilham Aliyev. »

Ouvert le 26 mai à Rennes, ce procès hors norme doit se poursuivre jusqu’au 12 juin. Les débats portent notamment sur les circonstances de l’attaque et les éventuels commanditaires de cette tentative d’assassinat.