Sage-femme décédée en 2022 à Biarritz après avoir vécu et travaillé dans plusieurs pays d’Afrique, Marie-Thérèse Petit avait constitué et documenté une remarquable collection d’objets africains, qu’elle avait souhaité léguer à la Ville de Bordeaux. Celle-ci a préféré laisser aux États concernés, comme le Gabon, l’opportunité de récupérer ces pièces, dont certaines sont très rares et éclairantes sur la culture des peuples qui les ont produites.
Walid Salem
Publié le 2 juin 2026 ·
Imprimé le 2 juin 2026 à 18h40 ·
7 minutes
« Ce ne sont donc pas de simples objets d’art, mais des objets de vie, des liens séculaires avec nos ancêtres. […] Leur juste place est ailleurs : là où elles sont nées, là où elles ont pris sens, là où elles continuent de représenter une part importante de notre patrimoine culturel. »
Ces quelques mots prononcés par Bernice Abegue Owono au musée d’Aquitaine, ce lundi 1er juin, étaient teintés d’émotion et de fierté. L’ambassadrice, déléguée permanente du Gabon auprès de l’Unesco, venue à Bordeaux avec une délégation diplomatique et culturelle, a témoigné de l’intensité du moment : « Je n’ai jamais vu ça. C’est un jour historique. »
Ce qui se joue ce jour-là dans le musée d’Aquitaine n’a évidemment rien d’un événement improvisé. C’est l’aboutissement d’un long enchaînement scientifique, politique et administratif, entamé par un message reçu trois ans plus tôt.
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