Où vivent les riches en France ? Pour cartographier la richesse dans les territoires, l’Observatoire des inégalités dresse un classement à partir des estimations établies par le bureau d’études Compas. Pour comprendre cette étude, celle-ci se focalise sur les communes de France métropolitaine, La Réunion et Martinique, d’au moins 5 000 foyers fiscaux, et en ne retenant que les municipalités où la part de hauts revenus est supérieure ou égale à 10 %.
Dans ce classement, le statut de « riche » est défini selon un critère purement statistique : disposer d’un niveau de vie supérieur au double du niveau de vie médian national, soit plus de 4 293 € par mois pour une personne seule, après impôts et prestations sociales. Établis à partir des données communales 2021 de l’Insee, ces chiffres sont calculés avec un modèle qui estime, à partir des données connues pour 2023, comment ont pu évoluer les revenus de 2021.
Saint-Grégoire en tête
Dans ce classement, on constate que seulement cinq villes bretonnes parviennent à se hisser dans ce club très sélect des hauts revenus nationaux. En tête, la commune de Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine). Avec 17 % de sa population considérée comme riche, cela signifie que près d’une personne sur six à Saint-Grégoire dispose d’un niveau de vie supérieur à 4 293 € par mois. Pour l’accompagner, trois autres communes d’Ille-et-Vilaine intègrent ce classement de l’Observatoire des inégalités : ses voisines de Rennes Métropole, Pacé (12 %) et Cesson-Sévigné (12 %), ainsi que Dinard avec 10 % de sa population considérée comme riche.
Pour compléter le classement breton, la commune morbihannaise de Larmor-Plage, en bord de mer au sud de Lorient, arrive en deuxième position. Juste derrière Saint-Grégoire, 16 % de sa population est considérée comme riche.
Comment interpréter ces chiffres bretons ?
Avec quatre communes sur cinq, l’Ille-et-Vilaine écrase ce classement aidé par la première couronne rennaise où résident des cadres supérieurs et des dirigeants d’entreprises. Autre fait marquant à l’échelle de la région, il n’y a aucune commune du Finistère et des Côtes-d’Armor.
Si l’on prend du recul, à l’échelle nationale, la Bretagne figure en retrait par rapport à l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes qui trustent les 37 premières places de ce classement. Les deux régions sont portées par la banlieue ouest parisienne et les communes frontalières de la Suisse. Première commune de Bretagne, Saint-Grégoire se classe, elle, au 93e rang national.
Avec Larmor-Plage, les deux communes affichent donc un taux élevé pour la région, cependant elles restent très éloignées des villes où la part de riches est la plus forte. À titre de comparaison, Neuilly-sur-Seine (49 %) et Divonne-les-Bains (48 %), première et deuxième du classement national, affichent un taux où près de la moitié de la population dépasse le seuil de richesse.