Remplacer les chips par des haricots, ajouter quelques légumes à un plat ou échanger un ingrédient transformé contre une alternative plus simple pourrait-il suffire à améliorer votre alimentation tout en réduisant votre budget courses ? Selon une étude publiée dans la revue Plos Digital Health, la réponse pourrait être oui.

Des chercheurs de l’Université de Californie, à Davis, ont développé une intelligence artificielle capable d’analyser les repas du quotidien et d’identifier seulement un à trois changements d’ingrédients susceptibles de les rendre meilleurs pour la santé et moins chers.

Quelques substitutions suffisent pour améliorer la qualité des repas

Les chercheurs américains ont développé un système d’intelligence artificielle capable d’analyser les habitudes alimentaires réelles et de proposer de petites substitutions ciblées. Pour entraîner leur modèle, Trevor Chan et Ilias Tagkopoulos se sont appuyés sur les données de 135 491 repas consommés par 55 228 adultes dans le cadre de l’étude américaine « What We Eat in America ».

L’IA a d’abord appris à reconnaître les grands profils de repas du quotidien (petit déjeuner, déjeuner ou dîner), avant de générer des versions plus équilibrées respectant davantage les objectifs nutritionnels du département américain de l’Agriculture (USDA). Résultat : les repas proposés étaient 47 % plus proches des recommandations nutritionnelles officielles, tout en restant très proches des habitudes alimentaires des participants.

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Les chercheurs ont demandé au système d’identifier un, deux ou trois ingrédients pouvant être remplacés dans chaque repas. Ces ajustements ont permis d’améliorer la qualité nutritionnelle d’environ 10 % tout en réduisant le coût estimé des repas de 22 % à 34 %. Les substitutions les plus fréquentes consistaient à ajouter des légumes ou des légumineuses et à remplacer certains aliments transformés ou riches en sodium.

« Ce qui nous a paru le plus intéressant, c’est qu’améliorer les repas ne nécessite pas forcément une refonte complète, soulignent Trevor Chan et Ilias Tagkopoulos. Dans de nombreux cas, des substitutions ciblées peuvent suffire à rapprocher un repas des recommandations nutritionnelles. »

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Cette étude s’inscrit dans un mouvement plus large visant à utiliser l’intelligence artificielle pour accompagner les choix alimentaires du quotidien.

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En 2024, des chercheurs ont notamment publié dans la revue Nature une méthode de recommandation nutritionnelle basée sur l’IA. Leur système utilisait un réseau génératif profond capable de proposer des suggestions alimentaires respectant des objectifs nutritionnels prédéfinis.

L’étude menée à l’Université de Californie adopte toutefois une approche différente. Plutôt que de construire des régimes complets ou de proposer des changements importants, l’IA part des repas réellement consommés et identifie seulement un à trois ingrédients pouvant être remplacés ou ajoutés pour améliorer leur qualité nutritionnelle.

Les auteurs ajoutent : « Manger plus sainement ne signifie pas forcément renoncer aux plats que l’on apprécie déjà. Grâce à l’IA, nous pouvons identifier de petites substitutions d’ingrédients qui préservent le goût, tout en étant meilleures pour notre santé et notre porte-monnaie. »

Les résultats de cette étude suggèrent qu’il n’est pas toujours nécessaire de revoir entièrement son alimentation pour obtenir des bénéfices concrets. Une approche pragmatique qui rappelle qu’en nutrition, les changements les plus efficaces sont souvent ceux que l’on parvient réellement à adopter sur le long terme.