Dans le cadre de la présidence française du prochain G7, sommet organisé à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin, le Medef assure de son côté la présidence du B7, instance représentant les entreprises des pays du G7 auprès des chefs d’État et de gouvernement, qui se réunira à Paris, les 10 et 11 juin.
À ce titre, lors d’une conférence de presse, Patrick Martin a présenté les grands enjeux économiques ainsi que les priorités portées lors de cet événement d’envergure.
Un Sommet du B7 qui s’inscrit dans un panorama inédit de tensions internationales
Le B7 regroupe les principales organisations patronales des pays qui composent le G7 – France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada, États-Unis et Japon.
Comme l’a rappelé Patrick Martin, cette édition 2026 s’inscrit dans un panorama inédit s’agissant des relations économiques et commerciales, qui pâtissent des conséquences de la crise actuelle sur le plan géopolitique, diplomatique, militaire, à savoir une perte de repères, une fracturation et des tensions beaucoup plus fortes qu’elles ne le sont depuis des décennies.
“Les organisations patronales sont évidemment très soucieuses de ce panorama, et notamment des tensions pesant sur les chaînes de valeur”, a-t-il indiqué.
L’objectif de ce sommet sera donc d’apporter à cette sphère économique et commerciale de l’apaisement, un certain nombre de repères et de la stabilité, qui font défaut à ce jour.
Replacer les enjeux de la diplomatie économique internationale au centre du débat public
La diplomatie économique, et celle internationale plus généralement, est donc un enjeu incontournable. “Mais je crains que nos concitoyens et certains de nos responsables politiques ne soient pas suffisamment sensibles ou n’en aient pas suffisamment conscience”, a regretté Patrick Martin.
Pourtant, comme le relève le dirigeant, le commerce international représente, directement et indirectement, plus d’un tiers du PIB français et un tiers de l’emploi. S’agissant des flux extra-communautaires, en dehors de l’Union européenne, ils pèsent pour 13,5 % de l’emploi français. C’est la raison pour laquelle le président du Medef souhaite réintroduire les enjeux de compétition économique internationale dans le débat public, d’autant plus dans les mois à venir, à l’approche des élections présidentielles.
© AP L’action diplomatique du B7 dans la reconstruction des relations internationales
La diplomatie économique est donc essentielle. C’est dans ce cadre que le Medef a pu peser sur les relations franco-italiennes étatiques et diplomatiques lorsqu’elles s’étaient un peu distendues. Patrick Martin s’est également rendu au Maroc au premier semestre 2024, en Chine l’an passé ou encore en Algérie il y a un mois, afin d’apaiser les relations.
“Le B7 est une illustration emblématique de ce que le business peut apporter à la prospérité du pays et au-delà, à la reconstruction des relations internationales”. Jamais dans l’histoire, le B7, “miroir entrepreneurial” du G7, n’a été aussi productif, s’est félicité le président du Medef.
De longs travaux en amont, des positions alignées et une déclaration commune lors du B7
Le B7 a nécessité de longs mois de travaux bilatéraux en amont pour identifier les sujets d’intérêt pour chacun des sept patronats puis permettre aux équipes spécialisées sur chaque domaine d’harmoniser, de coordonner leurs positions. Sur sept sujets phares, les équipes ont su trouver des points de convergence afin d’arriver à dégager des propositions concrètes.
Le 10 juin prochain, le Medef présentera les travaux menés en amont du Sommet avec ses homologues. “Les discussions ont été très sereines, très cordiales. Nous avons des positions totalement alignées entre les différents pays, y compris les États-Unis”, s’est félicité son président, faisant un parallèle avec les relations observées sur le plan étatique et diplomatique, et des coconstructions moins affirmées que du côté des entreprises.
Une déclaration commune sera alors présentée à l’issue du B7 et un livrable sera rendu par le président du Medef au nom du B7, au président de la République.
Un travail commun sur les grandes mutations mondiales pour impacter la décision publique
“Il y a un peu d’organisations qui sont capables de produire un B7 tel qu’il est proposé aujourd’hui. C’est une fierté quand même pour le Medef de le tenir”, se félicite l’équipe du Medef.
Les membres du B7 ont la volonté commune de travailler sur les grandes mutations auxquelles tous sont confrontés : la décarbonation, la digitalisation, l’intelligence artificielle, les compétences, la formation, mais aussi, de façon inédite, la santé mentale, dans un volet social.
“Nous avons la volonté, au-delà de nous réunir et d’être d’accord, d’impacter la décision publique”.