Par

Lisa Rodrigues

Publié le

3 juin 2026 à 16h07

C’est un cri du cœur au nom de « toutes les mamans » qu’a poussé Cécile, mère de famille iséroise, mardi 2 juin au soir. Comme des milliers de lycéens en terminale, sa fille de 17 ans était devant Parcoursup pour le premier round des admissions. « Je lui ai toujours dit que si elle voulait quelque chose, il fallait qu’elle travaille, parce que le travail paie », insiste Cécile. Sa fille rêve d’être infirmière, elle a choisi son bac en conséquence, a fait des stages pendant les vacances et a travaillé toute l’année pour ce faire, obtenant près de 15/20 de moyenne.

Mardi soir, malgré les efforts de sa fille, le couperet tombe : sur les 24 vœux de la lycéenne, la majorité est refusée et elle est sur liste d’attente pour 8 formations. « Je ne savais plus où me mettre, lâche Cécile. Je n’avais que des mots rassurants, mais pas de solutions. C’est ça le plus dur. » 

@funeraste

Parcoursup est une honte ! Pensée à ces enfants qui n’auront pas d’école l’année prochaine! Comment c’est possible de briser des élèves la veille du bac ! 17 ans ….#parcoursup #honte #colere #eleve #bac

♬ son original – Cécile

« On se connecte et elle n’a rien »

Cécile n’avait jamais eu affaire à Parcoursup auparavant. Elle a toujours suivi la scolarité de ses enfants en étant intransigeante sur leur travail. « Très clairement, j’ai empêché ma fille de vivre et de sortir cette année » pour qu’elle obtienne son bac et mette toutes les chances de son côté. 

Et hier, on se connecte et elle n’a rien. Ma fille a travaillé pour un avenir et c’est un algorithme qui a décidé pour elle.

Cécile
Mère d’une lycéenne sans affectation sur Parcoursup

Une réalité d’autant plus douloureuse pour Cécile et sa fille que les besoins en main-d’œuvre dans le secteur de la santé sont énormes. « Quand nos enfants veulent travailler pour l’État, il faut leur laisser leur chance ! Pourquoi ne pas remettre les concours d’entrée en école d’infirmière ? »

Des milliers de cas similaires

C’est dans la foulée que Cécile poste une vidéo face caméra sur ses réseaux sociaux, pour dénoncer ce « système qui envoie nos enfants à la dérive »

Je suis loin d’être la seule maman dans ce cas, plaide l’Iséroise. Il n’y a plus de cas par cas pour l’étude des dossiers et ça ne valorise pas le travail des enfants.

Cécile

Rapidement, des milliers de commentaires de parents et de lycéens affluent sous sa vidéo déjà vue par plus d’un million de personnes. Tous décrivent les mêmes situations : « C’est la loterie », « Mon fils a le même problème », « Je me retrouve à bosser et à ne pas savoir quoi faire de ma vie », « J’étais dans le même état l’année dernière »…

Des messages que Cécile lit en boucle depuis des heures et qui la mettent en colère. « C’est tellement lunaire ! Comment on fait si nos enfants n’ont rien derrière ? » Car le manque d’accompagnement des familles est aussi pointé du doigt par l’Iséroise. « On n’est au courant de rien, on n’a pas de service après-vente. On a juste eu ce matin un mail de Parcoursup qui nous dit : « Rassurez-vous, vous êtes en liste d’attente, votre situation va évoluer’. »

« Elle ne peut pas se retrouver sans rien en septembre »

Cécile tente de trouver elle-même des solutions, mais s’inquiète sérieusement pour l’avenir de sa fille.

Les formations pour lesquelles la lycéenne est en liste d’attente sont « à 500 kilomètres de la maison » et ne sont pas forcément les plus abordables financièrement. « Je fais comment dans ce cas ? Elle ne peut pas se retrouver sans rien en septembre ! »

Mercredi matin, sa fille passait les premières épreuves de son bac. « Elle est partie, elle pleurait. On ne devrait pas pleurer pour des études. Elle est hyper motivée d’habitude. Mais là, la confiance en soi en prend un coup. Pourquoi ils n’ont pas attendu pour diffuser les résultats après les épreuves ? Maintenant, j’espère qu’elle va avoir son bac… »

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