
Baptiste Anglade a pris la parole lors du rassemblement organisé mardi midi, devant le palais de justice, peu avant son entretien avec le délégué du procureur.
Une vingtaine d’organisations (syndicats, associations et partis) appelaient à un rassemblement ce mardi 2 juin, devant le tribunal judiciaire de Grenoble, pour soutenir Baptiste Anglade. L’éducateur et syndicaliste CGT était convoqué devant le délégué du procureur, à la suite d’une plainte pour « intrusion » de la direction de l’école Ocellia, qui lui reproche sa participation à un piquet de grève lors du mouvement du 10 septembre 2025. Une tentative d’intimidation et un cas d’école de répression anti-syndicale, selon le militant du NPA-R.
« Militer n’est pas un crime », proclamait la banderole accrochée devant le palais de justice de Grenoble, ce mardi 2 juin. Plus de 80 manifestants se sont rassemblés lors de la pause méridienne, au pied des marches du tribunal, à l’appel d’une vingtaine de syndicats (CGT, Sud, CNT, Unef, UEG…), partis (NPA‑R, LO, UCL, LFI, PT) et associations (DAL, OST…), pour dénoncer la répression anti-syndicale et afficher leur soutien à Baptiste Anglade. Après une première convocation au poste de police d’Échirolles en février, puis une seconde reportée par le parquet en avril, l’éducateur spécialisé et syndicaliste CGT avait rendez-vous devant le délégué du procureur. En cause, toujours la plainte pour « intrusion » déposée par la direction de l’école Ocellia.
Plus de 80 manifestants se sont réunis devant le tribunal, avant la convocation de Baptiste Anglade.
Derrière ce motif, le centre de formation des métiers du social et médico-social vise la participation de Baptiste Anglade à un piquet de grève sur son site d’Échirolles, le 10 septembre 2025. « On a été invités, en tant que syndicalistes, à venir soutenir la mobilisation des étudiants en travail social, dans le cadre du mouvement Bloquons tout », raconte le candidat du NPA-Révolutionnaires aux municipales à Grenoble, qui dénonce une « procédure éminemment politique » et une tentative « d’intimider les grévistes contestant les budgets d’austérité ».
« Une manière de faire peur, de criminaliser et de faire un exemple »
De fait, ils étaient une trentaine, ce jour-là, à tenir le piquet de grève devant l’établissement. Mais lui seul a été accusé d’intrusion par la direction d’Ocellia. « C’est une manière de faire peur, de criminaliser et, à travers moi, de faire un exemple », fustige le travailleur social. « Quand on relève la tête, ils n’aiment pas trop ça », ajoute-t-il, s’estimant ciblé pour son militantisme politique et syndical.
Baptiste Anglade n’entend pas reconnaître une quelconque culpabilité, comme le propose le parquet.
Pour couronner le tout, les cours se tenaient en distanciel, le 10 septembre. Décision prise par les responsables de l’école « par peur de la grève », affirme Baptiste Anglade. À en croire le syndicaliste CGT, ces derniers sont d’ailleurs coutumiers du fait. Récemment, explique-t-il, « des collègues sont allés distribuer des tracts à Ocellia. Et comme c’était annoncé un peu en avance, le directeur de Lyon est carrément venu avec des vigiles »… Pour un simple tractage.
« La direction d’Ocellia doit retirer sa plainte »
« Cela prouve qu’ils ne sont pas sereins », poursuit l’éducateur de rue. « Ce qu’ils espèrent, c’est qu’il n’y ait plus de mobilisations, de faire suffisamment peur pour que tout ça s’arrête. » Un discours qu’ont également tenu des étudiants d’Ocellia ainsi que d’autres travailleurs sociaux et des inspecteurs du travail, intervenus à tour de rôle au micro lors du rassemblement. Tous ont pointé les mêmes types de méthodes et la même répression exercée à l’encontre des militants syndicaux et politiques ou plus largement des grévistes.
Une étudiante en travail social s’exprime devant les manifestants.
À l’issue de sa convocation devant le délégué du procureur, Baptiste Anglade s’est vu proposer un classement sans suite sous conditions. Une telle procédure « laisse penser à ce que la réforme Darmanin prévoit de généraliser avec la reconnaissance de culpabilité », s’insurge le NPA-Révolutionnaires Grenoble dans un communiqué. « Notre camarade devrait payer une contribution citoyenne mais sans être acquitté : il resterait sous la menace que les faits soient poursuivis en cas de nouvelle infraction. » Pour Baptiste Anglade, il n’y a ainsi pas d’alternative : « La direction d’Ocellia doit retirer sa plainte. »
Banderole affichée devant le tribunal.