La Conférence des évêques de France et la Conférence des responsables de culte en France alertent sur la fin de vie
Face à la proposition de loi sur l’aide à mourir, la Conférence des évêques de France (CEF) n’a cessé d’alerter sur les risques que ce texte ferait peser sur les personnes les plus fragiles et sur la remise en cause de l’interdit de tuer. De nombreux évêques se sont exprimés ces derniers mois pour appeler au respect de la dignité de toute personne.
« Le choix de faire mourir et d’aider à se tuer n’est pas celui du moindre mal. C’est celui de la mort tout court. Il ne faut pas se cacher derrière les mots », écrivait en mai 2025 sur le réseau social X Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la CEF, en réaction à des propos du président de la République Emmanuel Macron. Il ajoutait : « Faire mourir ne peut être le choix de la fraternité ni de la dignité. C’est celui de l’abandon et du refus d’aider jusqu’au bout. »
Toujours en mai 2025, la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) s’est également exprimée dans une tribune consacrée à la dernière proposition de loi sur la fin de vie, mettant en garde contre « les dangers d’une rupture anthropologique ». Les responsables religieux y appelaient à une responsabilité à la fois politique et humaine.
« Légaliser la mort administrée ne sera pas un progrès, mais une régression éthique, sociale et médicale », écrivaient notamment le président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, le président de la Fédération protestante de France, le président de la CEF, ainsi que le recteur de la Grande Mosquée de Paris, le Grand Rabbin de France et le coprésident de l’Union bouddhiste de France.
En janvier dernier, à l’approche de l’examen du texte au Sénat, le cardinal Jean-Marc Aveline et les évêques de France publiaient une tribune intitulée : « On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort ». Ils y défendaient les soins palliatifs comme seule réponse aux fins de vie éprouvantes et appelaient à une « réflexion profonde sur le sens du soin, de la solidarité et de la dignité humaine ».
Examinée au Sénat le mardi 12 mai 2026, la proposition de loi relative au droit à « l’aide à mourir » a finalement été rejetée en deuxième lecture, tandis que le volet consacré aux soins palliatifs a, lui, été adopté.