L’Ukraine avait déposé sa candidature d’adhésion en juin 2022, quatre mois après que la Russie a lancé contre elle une guerre d’agression, toujours en cours. Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE avaient décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie en décembre 2023. Le processus avait été gelé dès le mois de janvier 2024 par la Hongrie, alors dirigée par le Premier ministre Viktor Orbán. Resté proche de Moscou, celui-ci était en très mauvaises relations avec Kiev. Défait aux législatives du 12 avril dernier, Viktor Orbán a cédé sa place à Peter Magyar.
En Hongrie, Peter Magyar veut démanteler le système Orban au pas de chargeUn long processus
Le nouvel homme fort de Budapest a annoncé mercredi avoir trouvé un accord avec Kiev sur les droits de la minorité hongroise en Ukraine, un contentieux de longue date entre les deux pays. Si cet accord est mis en œuvre, la Hongrie « donnera son consentement à l’ouverture du premier groupe de sujets de négociation pour l’adhésion de l’Ukraine à l’UE », a assuré M. Magyar.
La Moldavie, également candidate à l’adhésion, bénéficie aussi de la levée de l’opposition hongroise, l’ouverture des négociations avec Chisinau étant, dans les faits, liée avec celui des discussions avec Kiev. La Belgique se félicite de cette évolution, a fait savoir le ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés) : « L’ouverture du premier groupe [de chapitres de négociations] enverra un signal fort : l’Europe tient ses promesses et les réformes sont reconnues et récompensées ».
Malgré l’insistance du président ukrainien Zelensky, qui rêve d’une adhésion de son pays à l’UE à court terme, le processus d’adhésion devrait s’étendre sur de longues années. Il faut d’abord que les 33 chapitres de négociations, répartis en six clusters, soient ouverts, puis fermés. Chaque État membre devra ensuite donner son accord à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE.