Par Matthieu Le Gall

La Russie mène une guerre hybride à l’Union européenne. Incursions de drones, flotte fantôme sillonnant les côtes, cyberattaques, opérations de déstabilisation dans l’espace public – en France, on pense à l’affaire des têtes de cochon déposées devant des mosquées, ou aux mains rouges peintes sur le mémorial de la Shoah –, à cette liste déjà fournie d’ingérences portant la marque de Moscou s’ajoute une dernière : la propagande.

À la tête de l’antenne française de Russia Today, chaîne de télévision financée par le Kremlin, débranchée par l’Europe après l’invasion de l’Ukraine, Xenia Fedorova était déjà au service de « la propagande d’État » russe. Depuis, « les choses n’ont pas changé », a précisé Emmanuel Macron jeudi, répondant à une question portant sur le rôle de la chroniqueuse de CNews et du JDD. Déroulant l’argumentaire russe sans contradiction, l’élève de la propagandiste en cheffe Margarita Simonian, patronne de Russia Today à Moscou, participe en effet à la guerre informationnelle menée par le Kremlin aux alliés de l’Ukraine.

Dans ce contexte, attaquer la stratégie d’influence du Quai d’Orsay pour contrer, sur les réseaux sociaux, le narratif du Kremlin, c’est affaiblir la réponse de la France. C’est pourtant la voie qu’a choisi d’emprunter le leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui n’en finit plus de mettre au jour les contradictions de son mouvement en matière de politique étrangère : anti-impérialiste et décolonial lorsqu’il s’agit des puissances occidentales, moins regardant lorsqu’il est question de la Russie avec l’Ukraine, ou de la Chine avec Taïwan.