Par

Emilie Salabelle

Publié le

4 juin 2026 à 18h42

Un scénario aux airs d’ogre territorial. Dans un rapport rendu public jeudi 4 juin 2026, l’ex-ministre des Transports et actuel haut-commissaire à la Stratégie et au Plan Clément Beaune propose de réunir les 7,2 millions d’habitants de la capitale et sa petite couronne dans une métropole du Grand Paris unifiée. Les frontières actuelles des arrondissements parisiens et des 130 communes comprises dans la métropole seraient repensées en districts, au nombre de quarante. À quoi renvoient-ils ?

170 000 habitants par district

Concrètement, ce projet prévoit de redécouper les collectivités dans une nouvelle carte administrative. Les départements et les 130 communes seront supprimés et remplacés par quarante districts.

Répondant à une logique démographique, ils seraient composés d’environ 170 000 habitants. En fonction de la densité de population, ils réuniraient plusieurs communes limitrophes ou plusieurs arrondissements. Ils permettraient de garantir « une répartition équilibrée de la population » et de « préserver les identités locales […] en évitant un effacement brutal des anciennes communes de banlieue », estime le document.

À titre d’exemple, à l’échelle des arrondissements, les 8e, 9e et 10e arrondissements seraient regroupés sous un seul secteur. Pour la petite couronne, on retrouverait théoriquement sur le même principe Villejuif, Cachan, Arcueil, Gentilly et le Kremlin-Bicêtre réunis sous un district unique.

Scénario des 40 districts envisagés.
Scénario des 40 districts envisagés. (©Document « Du périph’à la métropole : construire la « Ville du Grand Paris »»)

Pour autant, les noms des communes et les numéros des arrondissements disparaîtraient de la carte au profit de ceux des nouveaux districts. « Batignolles », « Buttes-Chaumont », « Bastille » pour Paris, « Coulée verte », « Dhuis », « Poudrerie », « Boucle de Seine » pour la petite couronne… Des dénominations temporaires sont proposées dans le document, qui appelle à trouver des désignations « à forte évocation identitaire, historique et géographique ».

Des compétences locales

Ces districts auraient pour charge la gestion du service public de proximité. Ils gagneraient certaines compétences assurées par les départements aujourd’hui (qui seraient supprimés).

Dans le détail, ils assureraient la gestion des écoles maternelles et élémentaires, l’entretien et la programmation des équipements de quartier, l’État civil (naissances, mariages, décès), la police municipale, l’animation culturelle locale, les espaces verts et la propreté, le soutien aux associations, propose le document. Ils seraient également en charge de la « pré-instruction des autorisations d’urbanisme ».

Au maire du Grand Paris reviendraient les décisions structurantes du territoire : aménagement urbain et territorial, urbanisme, transition énergétique, grands équipements métropolitains, aides sociales… Il serait élu via un suffrage universel métropolitain. Clément Beaune préconise un scrutin calqué sur la réforme PLM : « Chaque électeur voterait au moyen de deux bulletins distincts : l’un pour désigner une liste métropolitaine (Conseil du Grand Paris), l’autre pour une liste de district. Le maire du Grand Paris serait ensuite élu au sein du conseil métropolitain, parmi les candidats tête de liste. »

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