« Ayez confiance », « nous serons à vos côtés » : le président français Emmanuel Macron a encouragé le Monténégro jeudi 4 juin à parachever une série de réformes afin de finaliser son processus d’adhésion à l’Union européenne.

Publié le : 04/06/2026 – 23:28

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Nous serons « à vos côtés dans les mois à venir pour que vous progressiez et atteigniez les ambitions que vous avez fixées », a-t-il lancé aux côtés de son homologue Jakov Milatovic, à Cetinje (au sud-ouest du pays), lors de la première visite d’un président français au Monténégro.

Le Monténégro, pays le plus avancé des Balkans sur le chemin de l’adhésion, espère boucler les négociations cette année et devenir le 28ᵉ membre de l’UE en 2028. Le dernier État à avoir rejoint l’Union est la Croatie, en 2013.

« Croyez en vous, ayez confiance en vous. Tout ce que vous avez accompli au cours de ces deux dernières années est vraiment remarquable, et bien plus que ce que beaucoup pensaient possible », a ajouté Emmanuel Macron. « Lorsque l’on est engagé sur un chemin aussi difficile, on a toujours mille raisons de se dire “c’est trop dur” (..) et l’on peut alors se dire : “nous ne pouvons rien faire” », a-t-il poursuivi.

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Un sommet entre l’UE et les Balkans

Le Monténégro, qui fête cette année le 20ᵉ anniversaire de la restauration de son indépendance, après l’éclatement de la Yougoslavie, accueillera vendredi un sommet entre l’UE et les Balkans occidentaux.

L’occasion pour les Européens de marquer leur soutien à la poursuite du chemin vers l’UE, malgré des processus d’adhésion très longs, et à un ancrage progressif de ces pays d’ici là dans différentes politiques et programmes de l’UE.

Paris et Berlin ont diffusé à cette occasion un document sur la « nécessité » d’apporter une « nouvelle dynamique » au processus d’élargissement vers l’Est tout en restant fidèle à la logique des « mérites propres », avec réformes à la clef, pour l’entrée dans l’Union. Cela pourrait passer par un « accès privilégié » au Marché intérieur et l’octroi d’un « statut d’observateur » dans les réunions de l’UE en attendant l’adhésion, selon ce texte.

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Du retard dans le processus d’adhésion

Des lois controversées sur la justice adoptées par le Parlement serbe aux réformes retardées en Bosnie-Herzégovine à cause de querelles politiques, en passant par l’impasse politique au Kosovo qui a empêché toute réforme, une grande partie de la région prend du retard dans son processus d’adhésion.

Emmanuel Macron s’est aussi félicité de la « qualité de la relation » avec le Monténégro et de son « potentiel ». « Le partenariat est en train de se renforcer », a-t-il dit, citant la santé, la construction d’infrastructures routières ou la transition énergétique, lors de la signature de contrats.

Le groupe Bouygues a ainsi signé un accord portant sur « plus de 300 millions d’euros » pour la construction d’un centre hospitalier universitaire à Podgorica, la capitale du Monténégro, a indiqué Emmanuel Macron.

« Il ne faut pas être pointilleux sur la date »

Le Monténégro veut croire à une adhésion à l’UE en 2028. Mais côté européen, la prudence reste de mise : pas question de promettre une date tant que toutes les réformes ne sont pas intégrées. C’est ce que rappelle au micro de RFI Marjan Sarec, rapporteur au Parlement européen sur le Monténégro, et ancien Premier ministre de Slovénie.

« Je ne serais pas aussi pointilleux sur la date, mais leur projet est très ambitieux et je pense que c’est faisable si chacun fait le travail nécessaire », souligne-t-il. « Ils sont soumis à une forte pression en termes de délais, et les réformes qui concernent l’adhésion à l’UE et qui sont liées à l’État de droit et à la corruption, ainsi que le chapitre sur l’environnement, vont constituer les plus grands défis. »

Le gouvernement monténégrin est tout à fait conscient. Il n’est pas dans le déni. Il reconnait les problèmes auxquels ils sont confrontés et il travaille sans relâche pour les résoudre.

Marjan Sarec, rapporteur au Parlement européen sur le Monténégro

Sophia Khatsenkova

Pour Marjan Sarec, l’adhésion éventuelle du Monténégro n’est pas seulement un enjeu pour Podgorica, c’est aussi un test politique pour l’UE. Dans une région où la Russie et la Serbie cherchent à peser, intégrer des pays des Balkans occidentaux permettrait, selon lui, de montrer que l’UE reste influente.

« Ce sommet est très important, non seulement pour le Monténégro, mais aussi pour l’UE. Je tiens à souligner que l’UE a besoin de s’élargir pour montrer au monde entier que nous existons toujours et que nous sommes une puissance importante », insiste-t-il.

Nous devons montrer que l’UE est présente dans les Balkans occidentaux et que les États qui font leurs preuves sont récompensés : c’est le message le plus important à faire passer ici.

Marjan Sarec, rapporteur au Parlement européen sur le Monténégro

Sophia Khatsenkova