22 ans après le meurtre du petit Jonathan à Saint-Brévin-les-Pins, Martin Ney a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité devant les Assises de Loire-Atlantique. Il avait écopé de la même peine en Allemagne pour les meurtres d’autres enfants.
Jonathan, 10 ans, avait disparu en 2004, lors d’un séjour en classe de mer à Saint-Brévin, et son corps avait été retrouvé trois semaines plus tard dans un étang de Guérande.
« Le co-détenu, c’est un point fort de ce procès »
Pendant ces 12 jours d’audience, plusieurs témoignages ont fortement appuyé l’accusation, selon l’avocate de la mère de Jonathan. Maître Salsac se souvient du codétenu qui a recueilli les confidences de Martin Ney et des experts qui voient un point commun criminel entre ce meurtre et ceux outre-Rhin.
« Les enquêteurs allemands sont venus en disant, qu’il était impensable que ce soit des personnes différentes qui aient commis ces trois meurtres. Et les enquêteurs français également, la police technique.. On lui a posé la question. C’est la première fois que l’on a un cas d’enlèvement en France, dans un centre de mer, avec une configuration où on retrouve un petit garçon dans une position morbide. Le co-détenu, c’est un point fort de ce procès parce qu’il était très bien. Il ne s’est pas du tout contredit.
Il a dit une phrase très juste : il s’agit du meurtre d’un enfant. Moi, j’ai fait des conneries, mais j’ai des valeurs et j’ai un devoir civique. Et ce que je dis, c’est vrai. »
Ces 12 jours d’audience ont été difficiles, et lourds pour la famille. Me Salsac, l’avocate de la maman a été marquée par le témoignage du conjoint, et père adoptif de l’enfant.
« 22 ans de silence, de procès, de parpaings… dans leur mémoire depuis 22 ans »
Il a décrit Jonathan comme un enfant « rieur, sensible et timide ». « Il a parlé un peu de la configuration dans laquelle se trouvait la famille avant le départ de Jonathan en classe de mère. Quelque chose de très émouvant, il a parlé d’un cocon familial, d’une famille recomposée mais aimante et structurée. Il a parlé du départ de Jonathan, qu’il se sentait quelque part coupable, parce que c’est lui qui avait incité et poussé Virginie à accepter que Jonathan puisse aller en classe de mère… Et il a parlé de ses 22 ans de silence, de procès, de parpaings, de ligatures, qui sont dans leur mémoire depuis 22 ans. »
La cour d’assises a rendu son verdict tard hier soir à Nantes, et le pédocriminel allemand a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.
Martin Ney a 10 jours pour faire appel de cette décision.