Une première historique à plus de Mach 1. Le 1er juin 2026, un chasseur Rafale a réussi le tout premier tir du missile MICA Nouvelle Génération (NG) en plein vol supersonique.

Les drones n’ont qu’à bien se tenir, tout comme les avions de chasse adverses qui viendraient se frotter au Rafale. Le 1er juin 2026, un Rafale a réalisé avec succès le tout premier tir d’un missile MICA NG (pour Nouvelle Génération) alors qu’il évoluait en plein vol supersonique, donc à plus de Mach 1 (1234,8 km/h).

Ce test aérien, orchestré par la Direction générale de l’armement (DGA), qui vient d’en parler sur X le 5 juin, a été mené en étroite collaboration avec la société MBDA (qui conçoit le missile), le constructeur aérien Dassault (qui fabrique le Rafale) et l’armée de l’Air et de l’Espace (qui a besoin de cette capacité militaire).

Source : Montage Numerama / Andre PronkSource : Montage Numerama / Andre Pronk

Cela représente un défi technologique majeur : comme l’explique la DGA, le but premier de cette manœuvre à vitesse extrême était de mettre à l’épreuve l’autodirecteur infrarouge du missile et d’évaluer ses performances dans des conditions physiques et aérodynamiques particulièrement exigeantes.

Le MICA, acronyme pour missile d’interception, de combat et d’autodéfense, est un armement central du Rafale. Ce missile est d’ailleurs la principale arme air-air de l’avion de guerre français, capable de frapper aussi bien dans un combat rapproché ou sur une cible à proximité que d’atteindre une portée de quelques dizaines de km, au-delà de la vision du pilote.

Deux versions du MICA existent : avec un autodirecteur électromagnétique (EM) et à infrarouge (IR). On a pu le voir en action contre des aéronefs sans pilote — en clair, des drones –, avec une très grande efficacité. Cependant, son coût unitaire (environ 1,5 million d’euros) ne le rend pas forcément pertinent face à des cibles qui, elles, n’ont pas beaucoup de valeur.

Des capacités nouvelles face aux menaces actuelles

Selon la DGA, cette déclinaison NG offre des capacités d’engagement encore accrues face aux menaces modernes. Doté d’un nouveau propulseur bi-pulse qui lui confère une accélération redoutable en fin de trajectoire, il peut embarquer au choix un autodirecteur infrarouge ou électromagnétique.

missile micaUn missile MICA d’ancienne génération. // Source : Jean-Baptiste Perrin

Pour la France, l’enjeu est de taille : ce programme s’inscrit directement dans la modernisation de ses capacités de défense, essentielle pour garantir la supériorité aérienne et la souveraineté nationale face à des menaces de haute intensité en constante évolution. Cette campagne d’essais s’achèvera ensuite par la livraison du NG aux forces françaises.

Reste une question : verra-t-on ce MICA NG intervenir bientôt contre des drones hostiles ? Ce ne sera sans doute pas sa mission première, pour des raisons de coût du missile. D’autant que l’armée de l’Air et de l’Espace mise désormais plutôt sur une autre option pour abattre ces aéronefs : des roquettes guidée par laser, qui coûtent moins cher.

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