Guerre en Ukraine : « éviter une troisième Guerre mondiale »
Emmanuel Macron a d’abord été interrogé, lors de cette émission spéciale sur TF1, au sujet de la guerre en Ukraine. Il a notamment assuré que « la Russie ne s’arrêtera pas là si on la laisse faire. […] Nous avons décidé d’aider l’Ukraine mais de ne jamais rentrer dans une escalade. Nous avons décidé de ne pas engager nos troupes en Ukraine en confrontation directe pour éviter une escalade et une Troisième Guerre mondiale ».
\ud83d\udde3\ufe0f Guerre en Ukraine : « la Russie ne s’arrêtera pas là » prévient Emmanuel Macron
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Concernant la question de donner plus de moyens à l’Ukraine, « on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas et on ne peut pas se dépouiller de ce qui est nécessaire à notre propre sécurité ». Selon Macron, en multipliant par trois la production d’armement en France, « on a fait le maximum ». Il a aussi réaffirmé la demande d’un cessez-le-feu, d’« un arrêt du conflit, dans les airs, sur la mer, sur la terre, pendant 30 jours ». Et « notre volonté, c’est de prendre des sanctions » si la Russie « confirme le non-respect » d’un cessez-le-feu, évoquant notamment des « sanctions secondaires » pour les « revendeurs » de « services financiers » ou d’« hydrocarbures ». Le chef de l’État a en revanche estimé qu’il n’y avait « pas de cadre légal » pour utiliser les avoirs russes gelés, considérant que ça n’était « pas une bonne solution ».
Macron sur TF1 : revivez notre direct
Dissuasion nucléaire : la France « prête » à une discussion sur le déploiement d’avions
Selon Emmanuel Macron, la France est « prête » à une « discussion » sur le déploiement d’avions armés de « bombes » nucléaires dans d’autres pays européens. « J’en définirai le cadre de manière très officielle dans les semaines et les mois qui viennent », a dit le chef de l’État. « Si les Européens veulent rester libres, ils doivent se mettre en situation de s’armer, d’être solidaires et de dissuader ». Il a précisé trois conditions à cette réflexion sur la dissuasion nucléaire française : « la France ne paiera pas pour la sécurité des autres », « ça ne viendra pas en soustraction de ce dont on a besoin pour nous », et enfin « la décision finale reviendra toujours au président de la République, chef des armées ».
\ud83d\udde3\ufe0f « L’ambiguïté va avec la dissuasion » nucléaire, indique Emmanuel Macron
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Guerre à Gaza : ce que fait Netanyahu, « c’est une honte »
Autre thématique internationale abordée ce mardi soir, la guerre à Gaza. Ce qu’il s’y passe est-il un génocide ? « Ce n’est pas à un président de la République de dire « Ceci est un génocide »
, mais aux historiens ». Le chef de l’État a rappelé lors d’un entretien sur TF1 qu’il avait été « l’un des seuls dirigeants à aller à la frontière » entre l’Égypte et Gaza, « l’une des pires choses qui (lui) aient été données de voir », déplorant que « toute l’aide que la France et d’autres pays acheminent » soit « bloquée par les Israéliens ».
\ud83d\udde3\ufe0f Gaza : « ce que fait aujourd’hui le gouvernement de Benyamin Netanyahou est inacceptable » dénonce Emmanuel Macron
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« Ce que fait aujourd’hui le gouvernement de Benjamin Netanyahu (à Gaza) est inacceptable […] C’est une honte ». Le président de la République a également estimé que la question d’une révision des « accords de coopération » entre UE et Israël était « ouverte ». Et de glisser : « Il n’y a pas de double standard. On ne peut pas parler de la guerre en Ukraine si on ne parle pas de Gaza, on ne peut pas parler du droit d’un peuple et nier le droit d’un autre ».
« Nous allons sauver et Dunkerque et Fos, je vous le dis les yeux dans les yeux »
ArcelorMittal : « Je ne vais pas nationaliser », mais « nous allons sauver et Dunkerque et Fos »
« Non, je ne vais pas nationaliser ArcelorMittal parce que ce serait dépenser des milliards d’euros », a assuré Emmanuel Macron face à la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui l’a interpellé sur la question des plans sociaux en France. « La réponse, ça n’est pas nationaliser (mais) avoir des garanties de développement. Il faut mettre en place ce qu’on appelle des clauses de sauvegarde, c’est-à-dire protéger le marché européen. On a commencé à prendre cette décision sous pression française : la Commission l’a annoncé en février », a-t-il ajouté. « Nous allons sauver et Dunkerque et Fos, je vous le dis les yeux dans les yeux, pas en nationalisant mais en ayant une politique européenne qui protège notre acier », a encore soutenu Macron.
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Référendum sur les retraites : « la réponse est non »
« Pourquoi s’acharner à imposer la réforme des retraites aux Français ? », demande Sophie Binet. « Allez-vous organiser oui ou non un référendum de la réforme ? » Macron répond par la négative. Il assume une réforme « pas faite par gaieté, on l’a faite pour sauver le système par répartition auquel je crois ».
\ud83d\udd34 « La réponse est non » : Emmanuel Macron exclut un référendum sur l’abrogation de la réforme des retraites
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Il a ensuite rappelé que François Bayrou a invité en début d’année les partenaires sociaux à rediscuter de cette réforme qui fait passer de 62 à 64 ans l’âge légal de départ en retraite, en leur promettant de soumettre au vote du Parlement un éventuel accord. « Il faut aller au bout de cette discussion », a estimé Macron. « Si vous étiez préoccupé par le sort de ces femmes et de ces hommes, vous seriez resté autour de la table pour les défendre », a-t-il lancé à Sophie Binet, regrettant le départ de la CGT de ce « conclave ».
Travail : le président veut ouvrir « deux chantiers »
Jugeant que « notre modèle social se finance trop par le travail », le président a déclaré souhaiter l’ouverture « dans les prochaines semaines » d’un « chantier » sur le sujet. « Je demande au gouvernement de l’ouvrir avec l’ensemble des forces syndicales et patronales », a-t-il dit, estimant qu’il faut « aller chercher de l’argent en dehors du seul travail » notamment par le biais de la « consommation ». Le président a aussi souhaité l’organisation d’une « négociation » sur « la qualité du travail et l’évolution des formes de travail », alors que « de plus en plus de jeunes (…) ne veulent pas être salariés » et « de plus en plus de seniors » veulent « travailler différemment », selon lui.
(Ludovic MARIN/AFP)
Covid : il « assume totalement » le quoi qu’il en coûte
Emmanuel Macron a annoncé qu’il « assume complètement » le quoi qu’il en coûte de la période covid. « On a protégé notre appareil productif, on a protégé les gens qui travaillent. Personne ne m’a dit de ne pas le faire. Oui, on a dépensé beaucoup d’argent mais on a prévenu » une hausse du chômage.
Imposer plus les « super-héritages » : « ce n’est pas dans mon programme »
Interrogé par Gilles Bouleau, Emmanuel Macron a balayé l’idée d’une taxation des « super-héritages ». « Ce n’est pas dans mon programme. Dans mon programme il y a plutôt le fait de baisser la taxe d’héritage des plus modestes […] Je ne crois pas que la solution soit dans l’augmentation de la taxation ».
\ud83d\udde3\ufe0f Emmanuel Macron « ne croit pas que la solution soit dans l’augmentation de la taxation »
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Réduction du nombre de fonctionnaires : « On peut faire des efforts sur ceux qui sur-administrent »
Il y aura un travail sur le nombre de fonctionnaires pour diminuer le déficit public, indique Macron. Mais pas sur tous les corps de métier : le chef de l’État entend préserver les militaires ou encore les enseignants. « On peut faire des efforts sur ceux qui sur-administrent. » Par ailleurs, le président s’est dit pour supprimer le statut de certains fonctionnaires (collectivités et hôpitaux).
Lutte contre la drogue : « s’il n’y a pas de consommateur, il n’y a pas de trafiquant »
Pour Macron, « il faut aller taper au porte-monnaie des consommateurs […] s’il n’y a pas de consommateur, il n’y a pas de trafiquant ». Il rappelle la création de l’amende forfaitaire délictuelle et les opérations place nette. « On a eu des vrais succès, on a cassé des têtes de réseaux ». Mais « on s’est aperçus que ces têtes de réseaux étaient souvent en dehors de la France ». Il a rappelé la mise en place d’une « équipe nationale pour lutter contre cette criminalité organisée » et d’un parquet spécialisé.
\ud83d\udde3\ufe0f Lutte contre le trafic de drogue : « s’il n’y a pas de consommateur, il n’y a pas de trafiquant » pointe Emmanuel Macron
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Sécurité : Macron veut que le gouvernement légifère pour étendre les pouvoirs des polices municipales
Emmanuel Macron a souhaité que le gouvernement légifère pour étendre les pouvoirs de la police municipale. « Je souhaite que le gouvernement puisse prendre une loi qui donnera la possibilité, à tous les maires qui le souhaitent », que leur « police municipale puisse, avec son accord, travailler sous l’autorité du procureur pour pouvoir faire les saisines, les flagrances, les amendes forfaitaires délictuelles ». Il a évoqué « les actes du quotidien qui sont parfois nécessaires, que ne peut pas faire une police municipale contre les trafiquants de drogue ou les gens du voyage qui utilisent illégalement tel ou tel terrain ».
\ud83d\udd34 Emmanuel Macron souhaite que le gouvernement légifère pour étendre les pouvoirs des polices municipales
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Surpopulation carcérale : locations de places à l’étranger et participation des détenus aux frais d’incarcération ?
Au sujet de la surpopulation carcérale, Emmanuel Macron s’est dit favorable à la possibilité de « louer » des places de prison dans d’autres pays pour lutter contre la surpopulation carcérale. « Oui, on louera si besoin était les places de prison là où elles sont disponibles », « pas de tabou là-dessus », a dit le chef de l’État. Il a aussi assuré vouloir « changer les règles » pour la construction des 5 000 places de prison en projet, afin d’avoir « des structures plus légères et beaucoup plus rapides à construire ». Il a par ailleurs qualifié de « tout à fait pertinente » l’idée de faire participer les détenus aux frais de leur incarcération, comme envisagé par le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
Fin de vie : « Je souhaite que le texte soit voté » mais le référendum « peut être une voie » en cas d’« enlisement » au Parlement
Interrogé par Charles Biétry au sujet de la fin de vie, le président de la République a assuré : « Je souhaite que le texte soit voté ». Mais il a indiqué que si la proposition de loi sur la fin de vie, en cours d’examen à l’Assemblée, devait être « enlisée », « à ce moment-là, le référendum peut être une voie pour débloquer et permettre aux Français de s’exprimer ». « Je ne le ferai que si c’était bloqué. Je pense que d’abord il y a le travail du Parlement et j’espère qu’il y aura un cheminement respectueux et équilibré qui se fera dans les dans les jours, les semaines et les mois qui viennent », a ajouté le président de la République, qui s’est pour sa part dit favorable au texte permettant une aide active à mourir « dans les cas qui ont été prévus, par un travail formidable fait par la Convention citoyenne pendant des mois, puis des ministres successifs ».
« À chaque fois que l’on sera trop lents ou bloqués par la situation politique, on pourra aller au référendum »
Référendums : « plusieurs » à venir « en même temps » et « dans les mois qui viennent » ?
« Je souhaite qu’on puisse organiser plusieurs référendums au sens de l’article 11 de la Constitution dans les mois qui viennent », a annoncé Emmanuel Macron. « Je ne veux pas ici donner précisément les thèmes, c’est au gouvernement de le faire et ensuite à moi de trancher ». Le chef de l’État exclut pour le moment le thème de l’immigration (il ne « voit pas » de référendum possible « qui permettrait d’être efficace » sur la question) et la proportionnelle aux législatives. Il ouvre par contre la porte à des questions sur des réformes concernant les finances publiques, « pourquoi pas » un référendum sur des « réformes » de Bayrou « sur le plan économique et social ». « Dans le cas où une loi très importante qui permettrait de l’efficacité serait bloquée au Parlement, alors il ne faut rien s’interdire. À chaque fois que l’on sera trop lents ou bloqués par la situation politique, on pourra aller au référendum. »
Affaire Betharram : Macron apporte son soutien à Bayrou