D’un côté, « le J4 confisqué », de l’autre « le J4 pour toutes et tous ». À l’occasion de la journée internationale anticroisière, le collectif Stop croisières a organisé une manifestation sur cette esplanade qui jouxte le Mucem, afin de « poursuivre l’opposition au terminal de croisières », explique Gwenaelle, l’une des porte-parole. Car à cet endroit, où des navires s’amarrent déjà, le Grand port maritime de Marseille (GPMM) veut construire un terminal pour les croisières de luxe. « Il devait y avoir un bateau, que l’on voulait accueillir, mais bizarrement, il a été déplacé un peu plus loin », ironise la militante.

Si aujourd’hui de petits navires débarquent ici, à terme (« courant 2027 », espérait Rémi Costantino, directeur général adjoint du GPMM en avril 2025), ce sont des bateaux de près de 1000 passagers qui pourraient arriver.  « La question n’est pas de savoir s’il y a une appétence mais comment accueillir correctement ces passagers fortunés », disait encore le dirigeant du port, s’appuyant sur les « 60 escales de croisières haut de gamme sur cette zone du port en 2024 et 90 en 2025 ».

« Faire sauter les clôtures »

C’est ce qui fait bondir les membres de Stop croisières, qui mettent, eux, en exergue « cette gentrification en dépit de la pollution de l’air et de la mer, de la destruction de la biodiversité ou encore d’un modèle social inégalitaire ». Et pour ce cas précis du J4, « une privatisation du littoral » : « Nous voulons faire sauter les clôtures et rendre aux Marseillais cet espace », plaide Marcelle, autre représentante du collectif.

Et les militants ont des idées. Face à ce projet qui promeut un « loisir climaticide », ils imaginent une zone de baignade entre le Mucem et le fort Saint-Jean, un parc urbain en amont de la villa Méditerranée, une école des métiers du maritime durable, des pontons à la place du quai actuel et la possibilité de rejoindre l’Estaque à vélo ou à pied via la digue du large, accessible par des navettes.

Le collectif Stop croisières a organisé une manifestation sur le J4 pour s'opposer à la construction d'un terminal de croisières de luxe que souhaite le GPMM.Le collectif Stop croisières a organisé une manifestation sur le J4 pour s’opposer à la construction d’un terminal de croisières de luxe que souhaite le GPMM. / PHOTO David Rossi

Le collectif a reçu le soutien d’autres associations, comme Clean my calanque ou J’aime l’Estaque, ainsi que de simples citoyens. « J’ai vu Marseille se transformer avec tous ces bateaux de croisières. Et ce nouveau projet au J4 en amènera encore plus alors que des habitants, notamment à l’Estaque, en souffrent déjà assez », confie Romain, 42 ans, Marseillais du 5e arrondissement. Une manifestation festive rythmée par des chansons, des conférences et des temps de jeux, comme ce chamboule-tout à l’effigie des compagnies MSC, Costa ou Ponant.