Mardi 9 juin 2026, les organisations syndicales dont SUD éducation appellent les AESH et l’ensemble des personnels à la grève.
Un rassemblement aura lieu à Paris l’après-midi, tandis qu’une audience locale est demandée à la DSDEN 93 le matin (infos à venir).
Dans cet article :
- tract de SUD éducation
- appel de l’intersyndicale 93
Les AESH ont des raisons d’être en colère : salaires très bas, temps incomplets imposés, exercice dans plusieurs établissements et toujours pas de statut de fonctionnaire ! Pour obtenir un statut et un meilleur salaire, SUD éducation appelle, avec une large intersyndicale, à la grève et à la mobilisation le 9 juin.
Des prévisions ministérielles inadmissibles
Le 20 mai, SUD éducation était reçue avec les autres organisations syndicales par la direction générale des ressources humaines du ministère de l’Education nationale. Cette dernière a présenté ses réflexions sur une éventuelle titularisation des AESH. Si SUD éducation se félicite que la question de la titularisation soit enfin sur la table, les prévisions ministérielles sont scandaleuses. Elles prouvent une nouvelle fois le mépris du Ministère à l’égard des AESH qui se mobilisent maintenant depuis plusieurs années pour obtenir un vrai statut et une meilleure rémunération. En résumé, si la création d’un statut de catégorie B est bien envisagée, le temps plein à 24 heures hebdomadaires est écarté. Les 35 heures seront donc privilégiées en demandant aux AESH d’effectuer d’autres tâches que l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers. SUD éducation revendique toujours un temps plein à hauteur de 24 heures et a insisté auprès du Ministère sur la prise en compte de la pénibilité du travail dans le calcul du temps de travail, comme pour les enseignant·es.
La droite et le ministre bloquent la titularisation
Le mercredi 7 février, la gauche a défendu une proposition de loi visant la titularisation des personnels AESH, pour laquelle SUD éducation avait été auditionné en décembre dernier. La droite, majoritaire au Sénat et soutenue par le gouvernement, a voté contre la proposition de loi et a exprimé par la même occasion son mépris aux quelque 145 000 AESH employées par le Ministère de l’Éducation nationale. SUD éducation s’insurge contre les propos tenus par les sénateur·rices de droite, invoquant “des rigidités supplémentaires qui bloqueront un système déjà bancal”. La position du ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, qui explique que « la création d’un corps serait intenable par rapport au reste de la fonction publique » en raison du temps de travail incomplet des AESH, reste quant à elle inadmissible.
Un métier essentiel qui doit être reconnu
Pourtant, les AESH sont essentielles pour le service public d’éducation. Le ministère qui se targue d’être précurseur d’une école inclusive exemplaire semble ignorer l’importance de l’accompagnement des élèves à besoin éducatif particulier. Or, notamment avec l’apparition des PIAL, puis des PAS, les AESH ont vu leurs conditions de travail se détériorer fortement : jusqu’à trois élèves à accompagner dans la même classe, exercice sur plusieurs établissements, mutations forcées … Sans parler du nombre d’élèves toujours plus important à qui il manque un accompagnement au regard de leur notification.
SUD éducation revendique :
- la titularisation des AESH dans un corps de fonctionnaire, sans conditions de concours pour les personnels déjà en poste ;
- l’augmentation des salaires et la création d’une grille de rémunération prenant en compte l‘ancienneté des agent·es.
Toutes et tous en grève le 9 juin ! Pas d’économies sur les AESH ! Pas d’économies sur nos vies !
L’appel intersyndical pour le 9 juin
AESH : stop à la maltraitance, stop aux PAS, un statut, un vrai salaire pour tou-tes maintenant !
L’intersyndicale 93 est présente depuis lundi 1er juin au matin devant la DSDEN pour accompagner les collègues AESH qui sont convoqué·es pour signer un avenant qui modifie le nombre d’établissements avec les PAS. Le constat est affligeant : les collègues sont reçues à la chaîne, quelques secondes seulement pour lire et signer l’avenant.
Pour celles qui avaient des questions sur les conséquences des PAS et sur les nouvelles zones géographiques couvertes par le PAS on leur a dit « il faut scanner le QR code », en leur tendant un marque page aux couleurs de l’académie de Créteil. Quel mépris pour ces personnels qui sont déjà les plus précaires de la fonction publique !
Nous informons les collègues qu’elles ne sont pas obligées de signer l’avenant sur place et qu’elles ont un délai d’un mois de réflexion. Nous leur conseillons d’utiliser ce droit pour montrer à l’administration qu’elles refusent d’être maltraitées une fois de plus.
Les PAS ont été rejetés par les parlementaires, le ministre maintient sa généralisation dans un déni de démocratie.
Le ministère doit renoncer à la mise en place des PAS qui vont renforcer la précarité des personnels AESH et amenuiser les heures d’accompagnements proposées aux élèves en situation de handicap, alors que beaucoup d’élèves du département n’aont pas un accompagnement à la hauteur de leur notification. Nous refusons que les conditions de travail des AESH soient de nouveau dégradées.
Le ministère de l’Education nationale a enfin ouvert des groupes de travail sur l’avenir des AESH. Cette ouverture est le résultat des mobilisations et des revendications portées depuis des années par les personnels et les organisations syndicales.
Alors que les AESH représentent aujourd’hui le deuxième métier de l’éducation tous ministères confondus en nombre de personnels, le ministre envisage une « fonctionnarisation » limitée à seulement 10 à 20 % des AESH. Cette hypothèse ne correspond ni à la réalité des besoins, ni aux exigences d’une école réellement inclusive.
L’accompagnement des élèves en situation de handicap est une mission essentielle, pérenne et indispensable du service public d’éducation. Il ne peut être assuré par des personnels maintenus dans la précarité, sous-payés et privés de véritables perspectives professionnelles.
Continuons le combat pour un statut de fonctionnaire de catégorie B pour toutes les AESH et des conditions d’inclusion et de scolarisation dignes pour nos élèves. Des revendications qui font pleinement partie de notre demande d’un plan d’urgence pour l’éducation en Seine-Saint-Denis !
Nous appelons les AESH et les enseignant·es à se mettre en grève massivement le 9 juin et à manifester à Paris à 14h.
