Par Edouard Schoene

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7 juin 2026

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Amandine Germain en discussion avec des membres du collectif pour la création d’un centre de santé dan le quartier de Saint-Bruno.

L’association centre de santé Saint-Bruno à Grenoble tenait un stand à la fête des Tuiles de Grenoble ce samedi 6 juin, pour réclamer un financement pérenne financé par la Caisse nationale d’assurance maladie pour toutes les structures de santé communautaire.

Cette ini­tia­tive était éga­le­ment por­tée par l’association de ges­tion des centres de san­té de Gre­noble AGESCA, le pôle de san­té inter­pro­fes­sion­nel de Saint-Martin‑d’Hères et le centre de san­té Vil­lage 2 d’Echirolles.

Depuis 2021, une expé­ri­men­ta­tion finan­cière dans le cadre de l’ar­ticle 51 de la loi de finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale, nom­mée SEC­Pa, concerne vingt-six struc­tures de san­té com­mu­nau­taire répar­ties sur l’ensemble de la France. Cette expé­ri­men­ta­tion vise à sécu­ri­ser le modèle éco­no­mique de ces struc­tures de san­té.

Une confé­rence de presse se tenait en fin de jour­née.

Patri­cia Ospelt, l’une des res­pon­sables du col­lec­tif.

Patri­cia Ospelt, l’une des res­pon­sables du col­lec­tif pour la créa­tion d’un centre de san­té com­mu­nau­taire à Saint-Bru­no, a pris la parole : « les vingt-six struc­tures inté­grées dans l’expérimentation, portent une trans­for­ma­tion de l’organisation des soins, une approche glo­bale et col­lec­tive, fon­dée sur la pro­mo­tion de la san­té et la réduc­tion des inéga­li­tés sociales. Alors, lorsque nous avons appris le 29 jan­vier 2026 que nos col­lègues des vingt-six struc­tures voyaient leurs finan­ce­ments mena­cés, nous les avons rejoints dans leur lutte. »

Le blo­cage des finan­ce­ments a été repous­sé du prin­temps au 31 décembre 2026.

L’incertitude demeure au-delà.

« Le 9 février dans un cour­rier, madame la ministre Sté­pha­nie Rist a rap­pe­lé son atta­che­ment aux struc­tures SEC­Pa, mais sans don­ner des garan­ties suf­fi­santes sur le cadre du finan­ce­ment. Elle n’évoque pas non plus toutes les autres struc­tures hors expé­ri­men­ta­tion ou en pré­pa­ra­tion d’ouverture. »

Ain­si le deve­nir du centre de san­té com­mu­nau­taire de Saint-Bru­no est incer­tain.

Les dépu­tés Cha­te­lain (EELV) et Eli­sa Mar­tin (LFI) pré­sentes à la confé­rence de presse ont assu­ré les asso­cia­tions de leur enga­ge­ment pour por­ter leurs légi­times reven­di­ca­tions au Par­le­ment (finan­ce­ment pérenne finan­cé par la CNAM pour toutes les struc­tures de san­té com­mu­nau­taire).

C’est tout un quar­tier qui se mobi­lise pour la créa­tion d’un centre de san­té.

Eli­sa Mar­tin : « Il va fal­loir mener la dis­cus­sion à l’assemblée pour que dans le PLFSS (pro­jet de loi de finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale pour 2027) soit ins­crit dans le droit com­mun, la capa­ci­té d’asseoir le finan­ce­ment de ces struc­tures et bien sûr, pour­quoi pas, d’en déve­lop­per d’autres puisqu’elles ont fait la démons­tra­tion qu’elles étaient tout à fait utiles. Pour ça, il faut de l’argent. Et pour ça, il faut sor­tir des logiques finan­cières qu’on appelle la tari­fi­ca­tion à l’acte. »

Les asso­cia­tions sou­lignent que « la san­té com­mu­nau­taire est en plein essor car elle répond aux besoins de san­té de la popu­la­tion et aux aspi­ra­tions des nou­velles géné­ra­tions de soignant.es. Elle est l’une des solu­tions en France pour lut­ter contre les inéga­li­tés de san­té et l’une des pistes les plus sérieuses pour réus­sir à répondre aux épi­dé­mies de patho­lo­gies chro­niques et aux crises sani­taires qui nous attendent. »

Aman­dine Ger­main, adjointe à la san­té l’alimentation et la res­tau­ra­tion col­lec­tive à la ville de Gre­noble est inter­ve­nue en fin de confé­rence.

L’adjointe à la maire de Grenoble en charge de la santé soutient le projet

« Oui nous sou­te­nons la créa­tion du centre de san­té com­mu­nau­taire à Saint-Bru­no. C’est notre prio­ri­té. Il sera loca­li­sé au sein du quar­tier Saint-Bru­no. Nous n’abandonnons pas pour autant un pro­jet dans le quar­tier Flau­bert. » Le col­lec­tif qui s’est consti­tué pour pro­mou­voir la créa­tion d’un centre de san­té à Saint-Bru­no a tra­vaillé sur l’implantation de ce centre dans un bâti­ment situé place Saint-Bru­no.

La ville de Gre­noble choi­si­ra-t-elle ce bâti­ment ? L’adjointe don­ne­ra prio­ri­té à l’association pour répondre à cette ques­tion lors d’une réunion de tra­vail pro­gram­mée le 12 juin. « À Gre­noble, nous avons des centres de san­té qui dépendent de l’association de ges­tion des centres de san­té qui sont situés sur les quar­tiers prio­ri­taires de la ville. La ville les finance à hau­teur impor­tante. Nous le fai­sons, bien que ce ne soit pas dans les obli­ga­tions légales. Nous le fai­sons de manière extrê­me­ment volon­ta­riste parce qu’on croit à cette vision de la san­té sous l’angle de la pré­ven­tion, parce qu’on croit que sur les quar­tiers qui ont plus de pré­ca­ri­té sociale et éco­no­mique il faut mettre les bou­chées doubles sur les ques­tions de pré­ven­tion. Et donc c’est dans ce cadre-là que nous accom­pa­gnons bien sûr l’association pour le centre de san­té Saint-Bru­no qui s’est consti­tué dans l’objectif de créer un centre de san­té dans cette dyna­mique de san­té com­mu­nau­taire et par­ti­ci­pa­tive sur le quar­tier Saint Bru­no. Nous sommes dans une phase de tra­vail en com­mun pour défi­nir un modèle éco­no­mique pour ce centre de san­té. »

Aman­dine Ger­main a conclu en insis­tant sur la volon­té de la muni­ci­pa­li­té de fina­li­ser le dos­sier d’ici la fin de l’année.