Les dirigeants du Royaume-Uni, de l’Ukraine, de la France et de l’Allemagne ont évoqué la «nécessité urgente» d’intensifier la production d’armes pour contrer les puissants missiles balistiques hypersoniques russes «Oreshnik» lors d’une réunion qui s’est tenue dimanche à Londres.
Le premier ministre britannique Keir Starmer a reçu le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz au 10 Downing Street.
Dans un communiqué publié par le bureau de M. Starmer à l’issue de leur réunion en soirée, les dirigeants ont condamné les «attaques à grande échelle menées par la Russie à l’aide de missiles et de drones — y compris l’utilisation répétée des missiles Oreshnik — contre des villes ukrainiennes, qui ont fait de nombreuses victimes parmi les civils».
Ils ont aussi condamné les «incursions irresponsables et dangereuses de drones russes» sur le territoire de l’OTAN, notamment celle survenue le mois dernier en Roumanie.
La Russie a récemment intensifié sa campagne aérienne contre l’Ukraine, notamment avec le lancement des missiles Oreshnik.
«Les dirigeants ont souligné la nécessité urgente d’intensifier la production d’intercepteurs et de développer conjointement des capacités antimissiles balistiques et de frappe en profondeur», ont-ils déclaré.
Aucun détail, financier ou autre, sur la manière dont cela serait mis en œuvre n’a été fourni.
La pénurie de systèmes de défense aérienne en Ukraine, due en partie à l’épuisement des stocks américains pendant la guerre en Iran, a rendu les civils particulièrement vulnérables aux missiles balistiques, alors même que les défenses de Kyiv interceptent la plupart des drones de Moscou et que ses forces ont réalisé des avancées ailleurs sur le champ de bataille.
Les Ukrainiens craignent que la guerre en Iran, en suspens depuis des semaines, ne reprenne de plus belle après que l’Iran a lancé dimanche des missiles sur Israël, dans le premier bombardement de ce type depuis l’entrée en vigueur d’un fragile cessez-le-feu début avril, compliquant ainsi les efforts de médiation en vue d’un accord pour mettre fin à la guerre.
À l’issue de leur réunion à Londres, les dirigeants européens ont appelé le président russe Vladimir Poutine à accepter «un cessez-le-feu immédiat et complet» sur la ligne de contact actuelle, comme point de départ de toute négociation.
Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, le groupe dit «E3» des pays européens, ont été des soutiens de premier plan de l’Ukraine depuis l’invasion à grande échelle de la Russie en février 2022.
Le Royaume-Uni et la France mènent l’initiative de la «coalition des volontaires» visant à fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine dans le cadre d’un processus de paix.
Cette réunion fait suite à une frappe de drone russe qui a tué trois personnes attendant à un arrêt de bus dans le sud-est de l’Ukraine.
Une autre frappe de drone a endommagé un centre de stockage de combustible nucléaire usé dans la région de Kyiv, à seulement 15 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, a indiqué l’état-major ukrainien.
L’attaque a provoqué un incendie qui a été maîtrisé en moins d’une heure. Les niveaux de radiation restent dans les limites de sécurité, ont déclaré les responsables.
Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a indiqué que cet incident était «profondément préoccupant» en raison des importantes quantités de matières nucléaires stockées dans cette installation.
Il a mentionné dans un communiqué que l’agence se rendrait prochainement sur le site de l’attaque.
Ces attaques russes font suite à une attaque de drones ukrainiens à grande échelle menée samedi contre Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie, soulignant la capacité croissante de Kyiv à frapper en profondeur sur le territoire russe.
La ligne de front stagnant, les essaims de drones entravant toute avancée, les deux camps ont cherché à prendre l’avantage en lançant des frappes à longue portée.
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Katie Marie Davies, journaliste de l’Associated Press à Manchester, en Angleterre, a contribué à cet article.
Pan Pylas, The Associated Press