L’autorisation d’encadrer des loyers dans plusieurs métropole de France va prendre fin cet automne. Alors que plusieurs rapports démontrent son intérêt pour contenir la hausse des coûts du logement et redonner du pouvoir d’achat aux locataires, plusieurs maires réclament la prolongation du dispositif. La réponse de Thomas Cazenave pour Bordeaux se fait attendre.

Analyse, Édition abonnés

Simon Barthélémy

Publié le 8 juin 2026  ·  

Imprimé le 8 juin 2026 à 10h32  ·  

7 minutes

« Toutes les évaluations sérieuses convergent désormais et concluent que l’encadrement des loyers ne provoque pas de baisse de l’offre locative et contribue à freiner la hausse des loyers et à limiter les abus », lance Mathieu Hazouard, élu socialiste lors du dernier conseil municipal de Bordeaux, avant d’interpeller Thomas Cazenave :

« Alors que de nombreux habitants peinent toujours à se loger, il est temps de sortir de l’ambiguïté et de connaitre votre position et celle de votre majorité ».

Mais le maire, qui pendant la campagne avait jugé que l’encadrement des loyers était une « mauvaise réponse » au problème du logement, ne répondra pas à son opposant. Interrogée par Rue89 Bordeaux, la municipalité déclare sobrement que « la Ville regarde avec intérêt l’évaluation de l’expérimentation », en vigueur à Bordeaux depuis 2022. Le choix de poursuivre ou non celle-ci s’inscrirait dans sa stratégie logement globale, en cours d’élaboration.

Une baisse de 2 à 5% des loyers

L’autorisation d’encadrement des loyers avait été accordée par la loi Elan pour une durée de huit ans. Votée en novembre 2018 pendant le premier mandat Macron, elle doit donc s’achever en novembre 2026. La suite – abandon ou pérennisation de l’expérimentation en cours dans près de 70 villes –, dépend donc d’un nouveau texte.

Dans une tribune, une cinquantaine de maires, jugeant ce dispositif « indispensable pour lutter contre les inégalités structurelles », plaident pour que la proposition de loi portée par Iñaki Echaniz, député PS des Pyrénées-Atlantiques, votée à l’Assemblée nationale, en décembre 2025, soit « au plus vite mise à l’ordre du jour du Sénat ». Ce texte faisait suite à un rapport d’Iñaki Echaniz et d’Annaïg Le Meur (Ensemble pour la République), estimant que l’encadrement des loyers « produit des effets positifs ».

Ceux-ci ont été récemment confirmés par Guillaume Chapelle et Gabrielle Fack, économistes chargés par le premier ministre d’une mission d’évaluation sur le dispositif. Celle-ci constate « hors Paris, un effet de l’encadrement des loyers sur le montant des loyers de l’ordre de 2 % à 4 %, et croissant au cours du temps », la baisse pouvant atteindre « environ 5 % après deux ans ». Cet effet moyen a été calculé sur un échantillon comprenant Lyon-Villeurbanne, Montpellier, Lille et Bordeaux.

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