Le fabriqué en France n’est plus une simple étiquette, c’est un front pionnier. À l’heure où les Rencontres du Made in France s’installent à Marseille, notre industrie traverse une zone de turbulences. L’actualité récente a secoué nos certitudes : la rechute de Duralex rappelle la fragilité de nos filières lourdes face aux coûts de l’énergie, tandis que les doutes entourant Sophie la girafe dévoilent les dérives d’un affichage tricolore trompeur. Pourtant, l’erreur serait de renoncer. Le véritable patriotisme économique ne se joue pas dans l’illusion d’une nostalgie, mais dans le combat quotidien pour la transparence. Face au rouleau compresseur des prix bas, ce n’est plus aux entrepreneurs locaux de justifier leurs tarifs, mais aux importateurs de révéler les coûts réels cachés derrière un vêtement à deux euros.
À la Friche La Belle-de-Mai, les patrons ne cherchent pas de la pitié, mais des alliances pour briser l’isolement et réintroduire nos savoir-faire. Le message adressé à l’exécutif est unanime : « Laissez-nous bosser ! » Pour que l’intention d’achat des Français devienne enfin une réalité de masse, il est grand temps de protéger ceux qui osent encore produire l’essentiel. Car derrière chaque usine qui ferme, c’est un morceau de notre souveraineté qui s’éteint. Soutenir nos filières n’est plus un luxe, c’est le choix politique de notre propre résilience.