La vente de SFR, qui doit encore être ratifiée, à ses trois concurrents, Bouygues, Orange et Free, plonge les salariés à nouveau dans l’angoisse. Dix ans après le séisme de 2016, avec 5 000 suppressions de postes cette année-là à l’échelle du groupe.

À Saint-Herblain, au siège du territoire ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie), la direction régionale est muette ce lundi 8 juin, sur ordre de Paris. Ouest-France est renvoyé au communiqué commun de partage de SFR entre Bouygues, Free et Orange.

Les principaux syndicats (Unsa, CFDT, CFTC) ne sont guère plus prolixes. Ils attendent la réunion du comité social et économique national, de ce jeudi.

Hors ces canaux habituels, un salarié de Loire-Atlantique, qui entend rester anonyme, donne son sentiment. Il souligne que les craintes sont les plus fortes dans les magasins. Que ce soit dans le réseau interne ou chez les franchisés. Sept de ces espaces commerciaux se trouvent dans la région de Nantes, deux dans le secteur de Saint-Nazaire et les deux autres à Ancenis-Saint-Géréon et Châteaubriant. Leur situation est très fragilisée, sachant que les clients SFR seraient intégrés à Bouygues, Free et Orange.

Quant aux 195 salariés rattachés au siège de Saint-Herblain, la plupart œuvrent pour SFR business. Or, ce secteur est plus important que celui de Bouygues, qui doit en hériter, selon le projet de vente. Cette position forte préserve-t-elle ces emplois ?

À ces 195 salariés et à ceux des magasins, il faut ajouter, dans le département, une soixantaine de personnes qui travaillent à la maintenance des services et au déploiement de la fibre.

Le sort de ces femmes et de ces hommes ne sera pas connu tout de suite. Douze à dix-huit mois sont nécessaires pour entériner la vente. Ce qui amène à la toute fin 2027. De leur côté, les acheteurs s’engagent à maintenir les emplois jusqu’au début de l’année 2029.

Le supplice des personnels, selon l’expression de notre interlocuteur, presque 300 salariés pour le seul département de Loire-Atlantique, va durer !