Ce que vous allez apprendre

  • Ce que chaque boîte peut réellement rapporter à l’officine… et pourquoi l’enjeu dépasse le prix du médicament.
  • À partir de combien de patients les traitements anti-obésité prennent-ils une dimension significative pour les officines.
  • Les raisons pour lesquelles certaines pharmacies pourraient davantage tirer parti de cette nouvelle activité.

Les calculs réalisés (voir encadrés) montrent qu’une boîte de Wegovy rapporte environ entre 8 à 11 € à l’officine, et entre 10 à 21 € pour Mounjaro, selon le dosage. Une boîte correspondant généralement à 1 mois de traitement, un patient génère entre 120 et 250 € de rémunération annuelle. Reste à savoir combien de patients vont être traités.

De 100 000 à 1 000 000 de patients

Dans un scénario prudent de 100 000 patients sous agonistes du GLP-1, le réseau officinal percevrait environ 12 à 24 millions d’euros par an. L’impact reste alors modeste : il représente, en moyenne, entre 600 et 1 200 € annuels par officine.

À 300 000 patients, la rémunération globale atteindrait 36 à 72 millions d’euros. L’effet commence alors à devenir visible, particulièrement dans les territoires où la prévalence de l’obésité est élevée et autour des centres spécialisés de l’obésité (CSO) et des centres hospitaliers universitaires habilités à initier les prescriptions.

Le véritable changement d’échelle apparaît à partir de 500 000 patients. Dans cette hypothèse, les officines pourraient percevoir entre 60 et 120 millions d’euros par an.

Enfin, avec 1 million de patients traités, le marché représenterait entre 120 et 240 millions d’euros annuels pour le réseau officinal. Un tel scénario placerait les traitements anti-obésité comme de véritables relais de croissance.

© DRLe poids de la géographie

Faut-il pour autant parler d’eldorado ? Probablement pas. Les prescriptions initiales resteront réservées à certains spécialistes uniquement. La montée en charge sera donc progressive. Surtout, la répartition des bénéfices pourrait être inégale : les pharmacies implantées dans des bassins de population fortement touchés par l’obésité ou proches des centres prescripteurs pourraient capter une part importante de cette activité.

Une certitude demeure : si l’obésité devient demain une pathologie chronique traitée à grande échelle, Wegovy et Mounjaro pourraient constituer un relais économique significatif pour les officines. Mais la manne dépendra moins du prix des médicaments que du nombre de patients qui entreront durablement dans le parcours de soins.