Dans une interview accordée au New York Times, l’arbitre somalien Omar Artan, interdit d’accès aux États-Unis, a raconté ce mardi avoir été interrogé pendant 11 heures à son arrivée à l’aéroport. Il avait pourtant «les bons papiers» afin de pénétrer sur le sol américain.
La déception est forcément immense. Omar Artan, arbitre somalien, a été refoulé à la frontière américaine, samedi 6 juin, alors qu’il s’y rendait pour officier à la Coupe du monde 2026 (11 juin-19 juillet). «Je suis vraiment, vraiment déçu. J’avais tous les documents nécessaires et le bon visa», a déclaré Omar Artan, dans un entretien accordé au New York Times publié ce mardi. «Je ne suis qu’un arbitre qui essaie de réaliser son plus grand rêve : aller à la Coupe du monde», a-t-il ajouté depuis Istanbul, en Turquie, où il a été renvoyé.
Aucun motif n’a encore été invoqué pour cette décision. L’officiel élu meilleur arbitre africain en 2025 a raconté avoir subi un interrogatoire pendant 11 heures, durant lequel il a été questionné sur la Somalie et Al-Shabaab, un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda, qui contrôle une partie du territoire somalien.
«Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays»
Âgé de 34 ans, Omar Artan faisait partie des 52 hommes en jaune sélectionnés pour porter le sifflet au Mondial. «Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays», a-t-il lâché. Face à ce renvoi, le ministère de la Jeunesse et des Sports de la Somalie a défendu mardi «l’intégrité» de M. Artan.
La police aux frontières américaine (CBP) a expliqué à l’AFP qu’il avait été jugé «inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents» et que l’arbitre s’était dès lors «vu refuser l’entrée sur le territoire». La Somalie fait partie des pays ciblés par Donald Trump. Le président américain avait expliqué, lors d’une prise de parole à la Maison Blanche, que ce n’était «même pas un pays». Il avait également qualifié ses habitants de «déchets».