À Strasbourg, une trentaine d’adolescents ont semé le chaos en centre-ville après un faux appel à la vengeance relayé sur les réseaux sociaux. Dégradations, vitrines brisées et interpellations ont suivi, dans un contexte de mobilisation éclair difficile à anticiper pour les forces de l’ordre.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

La vitre d’un panneau publicitaire qui éclate sous les coups d’un adolescent. C’était samedi 6 juin en début de soirée à Strasbourg (Bas-Rhin). Il est un peu plus de 20h lorsqu’une trentaine de jeunes se rassemblent en plein centre-ville avec visiblement l’intention de casser. Comme le raconte un employé d’un restaurant tout proche : « Ils sont vraiment venus tout de suite en groupe. Ils ont donné des coups de pied, enfin, ils ont donné des coups de poing. Ils ont commencé à casser les portes de Easy Cash, enfin, les vitrines. » Ce qui l’a frappé surtout au-delà des quelques dégradations, c’est l’âge des protagonistes, pour la plupart mineurs. « Entre 12 et 16 ans. Très jeune. Ça, ça m’a surtout surpris. Parce qu’on ne se dit pas à cet âge-là pourquoi on fait tout ça, etc. » ajoute le témoin.

Rapidement intervenus, la police a réussi à contenir l’incident mais s’inquiète. Car ces adolescents ont répondu à un appel à la vengeance sur les réseaux sociaux. Un post anonyme affirmant qu’un jeune avait été tué par la police. Une fausse information. Sylvain André, Secrétaire départemental Alliance Bas-Rhin précise : « Le post s’est lancé sur les réseaux et repris par effectivement des utilisateurs qui répondent à cet appel. C’est là où c’est dramatique, c’est qu’ils répondent à cet appel. Ce qui nous inquiète, c’est la mobilisation massive d’effectifs pour pouvoir effectivement gérer ce genre d’événement. »

Une première à Strasbourg, mais qui rappelle un phénomène désormais bien connu aux États-Unis et en Angleterre comme à Londres. Des rassemblements massifs d’adolescents, résultats d’appels sur les réseaux sociaux juste pour se retrouver et traîner ensemble, mais souvent ils dégénèrent. Des événements difficiles à anticiper pour les forces de l’ordre. « Avec les réseaux sociaux, il est difficile d’avoir derrière chaque conversation une personne qui va surveiller, à la fois techniquement, mais également en termes de vie privée, parce que les échanges sont multiples » explique

À Strasbourg, samedi 6 juin, quatre suspects âgés de 13 à 17 ans ont finalement été interpellés, respectivement pour outrage et transport d’engins incendiaires.