La guerre en Ukraine s’enlise en cette quatrième année. Confrontés à des difficultés diverses, les deux camps doivent faire preuve d’ingéniosité pour les surpasser. Dans la ville de Vovtchansk, située dans l’oblast de Kharkiv, des soldats russes ont tenté de franchir la rivière Vovtcha à l’aide d’un ponton totalement improvisé. Il a été fabriqué à partir de morceaux de véhicules précédemment modifiés pour un usage militaire, comme le montre la vidéo diffusée par l’unité ukrainienne « Wolfhound » sur la messagerie Telegram et relayée dimanche 7 juin par le magazine Forbes.

Repéré par des drones ukrainiens au moment de son installation, le dispositif de fortune a été détruit avant d’être pleinement déployé sur le terrain.

Un bricolage de toutes pièces

Ce système d’affranchissement inédit, immortalisé par l’unité Wolfhound, est d’ores et déjà affublé par les observateurs militaires du surnom de Frankenstein. Comme le monstre du roman de Mary Shelley, créé par le célèbre scientifique à partir de cadavres humains, cette structure est un mélange de plusieurs pièces récupérées sur des camions et autres engins de l’armée russe. Une création artisanale, vraisemblablement bricolée à la va-vite, qui laisse également penser à l’univers de Mad Max, selon certains commentaires laissés en ukrainien sous les images.

Non sans ironie, les Wolfhound avaient d’ailleurs eux-mêmes intitulé leur publication « Mad Ivan, la route vers Vovtchansk ».

Un problème rencontré par les troupes au bord de la Vovtcha ?

L’échec de l’opération menée sur la Vovtcha rappelle que franchir une rivière reste parmi les manœuvres les plus périlleuses de la guerre moderne. Depuis le début du conflit, la Russie a perdu de nombreux ponts conçus sur place, notamment lors de la catastrophe de la rivière Siversky Donets, en 2022. Les drones ukrainiens surveillent en permanence les axes d’approche, pour repérer rapidement toute tentative de construction de pont ou de mise à l’eau d’un navire militaire.

Dans la vidéo partagée par l’unité Wolfhound, le véhicule russe roulait à vive allure avec le Frankenstein pour limiter son exposition, mais n’a tout de même pas pu échapper à la surveillance adverse.

Le plus surprenant est que cette rivière peut, en temps normal, être facilement franchissable avec les équipements dont dispose habituellement l’armée russe. Elle possède des systèmes spécialisés capables de faire traverser des chars sur des cours d’eau, par exemple, bien plus larges. Peut-être n’étaient-ils pas utilisables au moment de cette mission ? « Les unités de première ligne ont pu être contraintes de développer leurs propres solutions de franchissement avec les véhicules et matériaux disponibles », avance un expert auprès de Forbes.